Grondin, Vickie
(2026).
« Parole(s) aqueuse(s) : faire corps avec le territoire des îles de la Madeleine par une pratique féministe d'autoportrait, de vidéo, d'écriture et de cueillette » Mémoire.
Montréal (Québec, Canada), Université du Québec à Montréal, Maîtrise en arts visuels et médiatiques.
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Résumé
Ce mémoire découle d’une recherche-création située aux Îles de la Madeleine, Mūnagēsūnook, et aborde une réflexion qui cherche à faire corps avec le territoire et le merritoire (Parrain, 2012) de manière transdisciplinaire. Différents essais de rapprochements rendent compte de la relation d’interdépendance entre corps et territoire et cherchent à ressusciter la sensation de faire partie du vivant. Aux Îles, un phénomène viscéral opère : la sensation d’étalement de mon enveloppe corporelle jusqu’aux finitudes terrestres. Une présence au monde qui fait écho aux travaux de Stacey Alaimo (2010) sur la transcorporalité, me permettant d’approfondir la compréhension et la mise en relation de cet état. Comment engager un corps et honorer ses sensorialités dans la recherche : qu’il devienne pleinement un outil d’analyse autothéorique capable de générer des savoirs alternatifs qui légitiment l’affect ? Comment une terre entourée d’eau, sans lien physique avec le continent, décide le corps, le fait se mouvoir et amplifie son émancipation ? L’approche autothéorique (Anzaldùa,1989 ; Fournier, 2021) me permet d’entrer dans les réponses avec multitude. Depuis les années 1970, les écoféministes s’attardent à pointer la double domination des corps et de la Terre, en tentant de développer des rapports de réciprocité et de mutualité entre les deux (Eaubonne, 2021 [1974] ; Starhawk, 2015 [1982] ; Shiva, 2022 [1989]). Plus récemment, des féministes du Sud ont repositionné le corps comme outil central d’analyse sociopolitique à travers le concept de cuerpo-territorio, « corps-territoire » (Cabnal, 2010 ; Zaragocin et Carret, 2021 ; Montanaro, 2023). J’élargis la notion de territoire pour y inclure de manière fondamentale le rapport à l’eau par l’hydroféminisme (Neimanis, 2017). Mes recherches sont portées par l’hybridation de pratiques artistiques et la porosité des matières ; textualité, images fixes ou en mouvements se frôlent comme autant de formes de présences qu’il est nécessaire d’incarner pour dire la construction de soi par le territoire. Ma pratique s’articule en trois méthodes pour faire corps, soit ; par une pratique du mouvement et de l’attention ; par une documentation sensible ; par une pratique d’écriture et de fabrication de papier végétal. Au niveau graphique, ce mémoire est de forme divergente au service du propos, c’est-à-dire honorer et faire apparaître les voix avec lesquelles je pense. Que l’air les traverse, en écho à l’apport venteux du terrain de recherche. Cette étude s’est avérée une possibilité de faire valoir une perspective féministe de l’insularité, privilégiant le corps comme noyau et référence réflexive.
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MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : Îles de la Madeleine, territoire, merritoire, corps, insularité, transcorporalité, hydroféminisme, autothéorie, transdisciplinarité, photographie, vidéo, poésie, matérialité, eau
| Type: |
Mémoire accepté
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| Informations complémentaires: |
Fichier numérique reçu et enrichi en format PDF/A. |
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Directeur de thèse: |
Dupuis-Bourret, Andrée-Anne |
| Mots-clés ou Sujets: |
Îles-de-la-Madeleine dans l'art / Îles dans l'art / Territorialité humaine dans l'art / Art et territoire / Poésie / Photographie / Vidéo / Mémoires et thèses de création |
| Unité d'appartenance: |
Faculté des arts > École des arts visuels et médiatiques |
| Déposé par: |
Service des bibliothèques
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| Date de dépôt: |
22 avr. 2026 10:04 |
| Dernière modification: |
22 avr. 2026 10:07 |
| Adresse URL : |
https://archipel.uqam.ca/secure/id/eprint/19949 |