Kako, Ngatoye Denise
(2026).
« Le phénomène des radios communautaires en Afrique de l’Ouest depuis les années 1990, saisi à travers la communication pour le développement et la communication autonomisante, avec la Côte d’Ivoire comme terrain témoin » Thèse.
Montréal (Québec), Université du Québec à Montréal, Doctorat en communication.
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Résumé
La présente thèse porte sur le déploiement et le développement des radios communautaires en Afrique de l’Ouest. Sur le plan théorique, cette recherche se situe au croisement des domaines de la communication pour le développement et des Community Media Studies. Dans une perspective critique, nous soulignons que le contexte idéologique de l’émergence des radios communautaires, ainsi que les modalités de leur déploiement sur le territoire (quantitatives et qualitatives), ont un impact certain sur leur mission, leur fonctionnement, leur financement et leur évolution globale. En cohérence avec notre perspective, nous proposons le concept de communication autonomisante (CA), que nous concevons comme le moteur tangible d’une volonté d’émancipation holistique de tout peuple aspirant à une transformation qualitative et durable de son cadre de vie. Cette recherche souligne l’importance du rôle de la radio communautaire en Afrique, en général et plus particulièrement en Afrique de l’Ouest, tout en jetant un éclairage critique sur son potentiel de développement conceptuel dans cette région. En effet, sur les 1 436 radios communautaires répertoriées, il existe une variété de sous-groupes répartis comme suit : 62 % de radios communautaires à proprement parler ; le reste, soit 38 %, se répartit en 13 % de radios confessionnelles, 8 % de radios associatives, 7 % de radios de proximité, 6 % de radios scolaires, 3 % de radios liées à des collectivités et 1 % de radios rurales. Dans ce travail, ma thèse porte sur la grande distance perçue entre la rhétorique qui accompagne les radios communautaires en Afrique de l’Ouest, à travers la communication pour le développement (CDP), et la matérialité de ces radios sur le terrain. Aussi, considérerais-je davantage la terminologie « radio de proximité », qui reflète le mieux le phénomène général, à savoir le rayon d’émission de 50 km, latitude commune à toute cette variété radiophonique. Toutefois, pour des raisons de clarté, de fidélité aux normes et de standardisation, je privilégie le terme « radio communautaire ». La RC que je visualise comme une immense toiture, un énorme parapluie, sous lequel plusieurs dénominations de radios (radio rurale, radio agricole, radio coopérative, radio participative, radio libre, alternative, populaire, éducative, confessionnelle, associative, de la collectivité, etc.) se meuvent indépendamment de leurs caractéristiques et de leurs modes de financement. La démarche méthodologique est à la fois documentaire et expérimentale. La combinaison de ces deux méthodes a grandement enrichi cette recherche, car elle nous a permis d’ajuster les données théoriques aux données empiriques, afin d’adopter une approche globale et d’effectuer une analyse exhaustive. Au final, malgré la diversité et la complexité du phénomène, la notion de communication autonomisante (CA) permet de comprendre les visées de ces radios.
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MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : Afrique, Communication, Communautaire, Développement, Radio