Rioux, Gabrielle
(2026).
« Violence dans les relations intimes et amoureuses lesboqueers : expériences du soutien reçu des services publics et communautaires » Thèse.
Montréal (Québec), Université du Québec à Montréal, Doctorat en psychologie.
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Résumé
Une enquête pancanadienne révèle, en 2021, que deux femmes sur trois issues des minorités sexuelles ont été victimes de violence entre partenaires intimes (VPI) au cours de leur vie (Jaffray, 2021). Malgré la haute prévalence du phénomène, cette problématique demeure souvent minimisée, tant dans les discours sociaux qu’au sein des services (Messinger, 2017d ; Thibault, 2008). Plusieurs études internationales rapportent que les victimes lesboqueers se disent moins bien accueillies et accompagnées au sein de ces derniers, percevant que leurs réalités sont banalisées, voire carrément discriminées en raison de leur orientation sexuelle (Calton et al., 2016a ; Laliga-Mollá et al., 2025). Peu d’études ont toutefois exploré, jusqu’à présent, comment les victimes lesboqueers au Québec évaluent le soutien offert par les services publics et communautaires en VPI, ni quelles composantes du soutien contribuent à ce que ces services La discussion des résultats met en lumière les inégalités d’accès aux services en VPI rapportées par les participant·es, que nous mettons en dialogue avec celles documentées dans la littérature. Nous y soulignons, entre autres, l’importance de la relation, à la fois directe et symbolique, entre les services et les bénéficiaires. À la lumière de nos résultats, l’adaptation des services semble passer par la formation, la sensibilisation et une remise en question des orientations actuelles du gouvernement québécois en matière de VPI. Cela implique notamment de réfléchir à l’attribution des ressources pour soutenir davantage les services réellement adaptés aux réalités des victimes lesboqueers. Pour conclure, des pistes de réflexion sont proposées afin de repenser les pratiques en VPI au Québec, tant au sein des services que dans les politiques publiques, pour les rendre plus inclusives et mieux adaptées aux besoins des communautés lesboqueers. Parmi ces pistes, nous soulignons l’urgence d’agir sur les causes structurelles de la VPI en améliorant les conditions matérielles des populations, l’offre d’un meilleur accès à un soutien psychosocial en dehors du système judiciaire et l’exploration de formes de justice alternative. soient vécus comme adaptés à leurs réalités. Cette thèse vise donc à explorer les expériences de soutien vécues au sein des institutions publiques et des services communautaires par des personnes lesboqueers ayant vécu de la VPI, notamment en ce qui a trait à la qualité et à l’accessibilité des services. Pour ce faire, une analyse qualitative de 24 entrevues avec des personnes lesboqueers a été réalisée à l’aide de la méthode d’analyse thématique réflexive de Virginia Braun et Victoria Clarke (2006). Afin de permettre une analyse située de ces expériences, la recherche s’est concentrée sur des personnes s’identifiant à l’identité de genre « femme » et ayant vécu de la violence au sein d’une relation lesboqueer. La thèse est composée de deux articles. Le premier explore les barrières à l’accès aux services en s’appuyant sur le modèle de Mary Dixon-Woods (2006), qui permet de mieux comprendre les multiples composantes d’un accès équitable aux services en VPI. Les résultats de cet article suggèrent que les victimes lesboqueers au Québec peinent à se reconnaître comme victimes de violence, perçoivent les services comme inadaptés à leurs besoins et expriment le désir d’être en lien avec des intervenant·es mieux formé·es à leurs réalités. On y discute l’importance de la sensibilisation ainsi que d’une formation adéquate des professionnel·les en VPI fondée sur le savoir-être et la compétence culturelle, soit la capacité d’adapter les interventions aux réalités sociales, identitaires et relationnelles des personnes lesboqueers. Le second article s’intéresse aux conditions qui favorisent l’appréciation du soutien offert par les services, en portant une attention à la relation entre les victimes et les intervenant·es. Le modèle d’Angie C. Kennedy (2024), qui conceptualise la confiance institutionnelle par les notions de bienveillance, d’équité et de compétence, permet d’étayer notre compréhension de la qualité des services, notamment en identifiant les composantes du soutien susceptibles de favoriser un sentiment de soutien adéquat chez les victimes. Les résultats suggèrent que, du point de vue des participant·es, un service de qualité en VPI repose sur un accueil bienveillant, un soutien psychosocial, un environnement de service sécuritaire, ainsi que sur une intervention adaptée aux réalités lesboqueers. La discussion souligne l’importance d’une posture d’intervention appropriée et propose des réflexions sur l’arrimage entre les services offerts dans le système judiciaire et les besoins des victimes lesboqueers.
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MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : violence conjugale, lesbienne, accès aux services, compétence culturelle, féminisme, LGBTQ, organismes communautaires, justice, Québec
| Type: |
Thèse ou essai doctoral accepté
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| Informations complémentaires: |
Fichier numérique reçu en format PDF. |
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Directeur de thèse: |
Saïas, Thomas |
| Mots-clés ou Sujets: |
Violence conjugale / Violence entre partenaires lesbiennes / Services / Lesbiennes victimes de violence / Québec (Province) |
| Unité d'appartenance: |
Faculté des sciences humaines > Département de psychologie |
| Déposé par: |
Service des bibliothèques
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| Date de dépôt: |
06 août 2026 12:18 |
| Dernière modification: |
06 août 2026 12:18 |
| Adresse URL : |
https://archipel.uqam.ca/secure/id/eprint/20206 |