Renaud, Noé-Malcolm
(2026).
« Apport de la cartographie de haute résolution à l'histoire des lacs de barrage glaciaire dans le centre-sud du Keewatin (Nunavut, Canada) » Mémoire.
Montréal (Québec, Canada), Université du Québec à Montréal, Maîtrise en sciences de la Terre.
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Résumé
Le retrait de l’Inlandsis laurentidien dans le centre-sud du Keewatin (Nunavut, Canada) a entraîné la formation d’un vaste système de lacs de barrage glaciaire dont l’évolution demeure mal contrainte. Ce mémoire de maîtrise repose sur une cartographie géomorphologique à haute résolution, réalisée à partir de MNTs ArcticDEM et d’imagerie satellitaire, afin d’établir un cadre paléogéographique pour reconstituer l’évolution de ces plans d’eau lors des dernières phases de la déglaciation. Les interprétations issues de la cartographie à distance ont été validées par des travaux de terrain, permettant l’échantillonnage ciblé de formes glaciolacustres pour des travaux géochronologiques. La cartographie détaillée a permis d’identifier des milliers de paléo-rivages, de chenaux d’eau de fonte, de deltas et de formes associées. La projection de ces indicateurs le long de transects nord–sud et est–ouest met en évidence des variations spatiales de la continuité latérale et verticale des rivages à l’échelle du bassin, avec des regroupements définissant des niveaux lacustres successifs inclinés vers l’ouest, reflétant le relèvement glacio-isostatique associé à un centre de masse situé à l’est. Ces populations témoignent d’un abaissement progressif des plans d’eau, contrôlé conjointement par le rebond postglaciaire, le retrait glaciaire vers l’est et la libération d’exutoires. L’évolution des principaux plans d’eau s’est déroulée au sein de trois grands sous-bassins glaciolacustres correspondant aux bassins actuels des lacs Mosquito, Kamilukuak et Dubawnt. Des datations cosmogéniques réalisées sur du matériel rocheux associé à des rivages et à des chenaux d’eau de fonte fournissent les premières contraintes géochronologiques directes pour ce secteur. Deux sites livrent des âges cohérents indiquant que les principales phases lacustres se sont développées entre 8,3 ± 0,2 ka et 7,7 ± 0,2 ka, en accord avec les isochrones régionales de déglaciation. Un troisième site présente un âge plus ancien (9,7 ± 0,2 ka), interprété comme le résultat d’un héritage d’isotopes cosmogéniques. Une datation IRSL obtenue sur un delta de basse élévation fournit un âge de 6,2 ± 0,5 ka, possiblement associé à une phase très tardive de l’épisode glaciolacustre, bien que ce résultat doive être interprété avec prudence en raison de la complexité du signal de luminescence. Dans leur ensemble, ces résultats mettent en évidence l’impact de la dynamique glaciaire sur l’évolution des plans d’eau glaciolacustres et améliorent substantiellement le cadre spatial et temporel du retrait tardiglaciaire dans le Keewatin. Ils fournissent des bases solides pour de futures reconstructions paléogéographiques et estimations des volumes de décharges d’eau de fonte.
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MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : Cartographie, luminescence, lacs glaciaires, Holocène