Malaterre, C
(2011).
« Biodiversité : des macrobes aux microbes et au-delà ? ».
Bulletin d’histoire et d’épistémologie des sciences de vie, 18(1), pp. 61-77.
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Résumé
RESUME. Jusqu’à présent, les études sur la biodiversité ont surtout
concerné les organismes vivants les plus facilement identifiables, ces
« macrobes » que sont les animaux et les plantes. Des études récentes,
néanmoins, ont commencé à s’intéresser à la biodiversité du monde des
micro-organismes ou des « microbes », et notamment des bactéries. Certains
scientifiques évoquent même la nécessité d’aller au delà de ces organismes
unicellulaires, par exemple en intégrant les virus, les viroïdes ou encore les plasmides. Dans cet article, je montre que l’extension de la notion de
biodiversité aux microbes et au delà révèle un problème philosophique de
fonds : celui lié à la définition d’une « limite inférieure » de biodiversité. Je défends la thèse selon laquelle ce problème ne peut être résolu par la recherche d’un critère naturel si on adopte une conception gradualiste de la transition matière inerte / matière vivante. Cet argument conduit alors à une conception normative de la biodiversité.