Entre discours dominant et perceptions citoyennes : les représentations sociales de la transition écologique au Québec

Lalande, Justine (2026). « Entre discours dominant et perceptions citoyennes : les représentations sociales de la transition écologique au Québec » Thèse. Montréal (Québec), Université du Québec à Montréal, Maîtrise en communication.

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Résumé

Cette thèse doctorale vise à mettre en lumière les représentations sociales de la transition écologique au Québec. Elle propose également une réflexion quant à leurs effets sur l’acceptabilité sociale des initiatives qui en découlent, ainsi que sur les rapports de pouvoir qui les traversent. À l’intersection des champs de la communication, de la sociologie de l’environnement et de la psychologie sociale, elle explore un objet encore peu étudié dans la littérature québécoise. D’un point de vue théorique, la thèse mobilise la théorie des représentations sociales de Serge Moscovici pour comprendre comment se construisent et se diffusent les significations partagées de la transition écologique ; la théorie des champs sociaux de Pierre Bourdieu pour analyser comment les pratiques dites écologiques participent à des logiques de distinction sociale ; ainsi que le régime des représentations de Stuart Hall, qui permet d’éclairer les dynamiques de réception, d’adhésion et de résistance aux discours dominants. La recherche adopte une approche séquentielle mixte combinant trois phases complémentaires : une analyse du discours politique à partir de débats parlementaires de la 43e législature à l’Assemblée nationale du Québec, des entretiens semi-dirigés menés auprès de 29 citoyen·nes québécois·es et un sondage panquébécois auprès de 1 025 répondant·es. Cette triangulation méthodologique permet de capter à la fois la construction institutionnelle d’un discours dominant, la diversité des représentations sociales et leur ancrage dans la population québécoise. Les résultats révèlent une forte présence du discours technocentré dans les débats politiques, où la transition écologique est souvent réduite à une transition avant tout énergétique, privilégiant des solutions techniques et comportementales comme l’électrification des transports. Cette vision, portée par les décideurs et décideuses politiques, tend à évacuer les dimensions structurelles de la crise environnementale. Parallèlement, l’analyse des entretiens qualitatifs a permis de dégager quatre grandes représentations sociales de la transition écologique : les « actions individuelles », la « sensibilisation », la « décroissance » et le rôle du « gouvernement ». Ces représentations, bien que coexistant dans l’espace public, ne sont pas également partagées. Le sondage confirme la prédominance des représentations sociales « actions individuelles » et « gouvernement », au détriment des représentations pédagogiques comme la « sensibilisation » ou encore plus critiques et transformatrices comme celle de la « décroissance ». Cette thèse nous permet de conclure, d’une part, que les représentations sociales majoritairement partagées dans la population sont en décalage avec la vision énergétique de la transition portée par les décideurs et décideuses politiques. D’autre part, nous avons pu constater que les représentations sociales de la transition écologique sont traversées de tensions entre individualisation et collectivisation des initiatives ; une position qui sert à maintenir certains groupes sociaux dans une position privilégiée dans l’espace social. En outre, il appert que les représentations sociales les plus partagées dans la population sont insuffisantes pour répondre à la gravité de la crise environnementale. Nous proposons des pistes de réflexion pour transformer les représentations sociales, et, ce faisant, qui permettront de favoriser l’acceptabilité sociale d’initiatives de la transition écologique qui sont véritablement transformatrices. Enfin, d’un point de vue théorique, cette thèse plaide pour une actualisation critique de la théorie des représentations sociales, à la lumière du contexte contemporain lié à la fragmentation culturelle et à la tendance à l’individualisation. Elle propose de penser les représentations sociales non plus comme structurées autour d’un noyau stable, mais comme des structures réticulaires, solides et souples. Cette recherche contribue ainsi à une meilleure compréhension des représentations sociales de la transition écologique au Québec, ainsi que des conditions symboliques, culturelles et politiques nécessaires pour la rendre pensable, réalisable et socialement acceptable. _____________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : représentations sociales, transition écologique, acceptabilité sociale, communication environnementale, Québec

Type: Thèse ou essai doctoral accepté
Informations complémentaires: Fichier numérique reçu et enrichi en format PDF/A.
Directeur de thèse: Yates, Stéphanie
Mots-clés ou Sujets: Transition écologique / Représentations sociales / Acceptabilité sociale / Québec (Province)
Unité d'appartenance: Faculté de communication > Département de communication sociale et publique
Déposé par: Service des bibliothèques
Date de dépôt: 26 mars 2026 13:18
Dernière modification: 26 mars 2026 13:18
Adresse URL : https://archipel.uqam.ca/secure/id/eprint/19840

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