Lahaise, Léo
(2025).
« « Prendre soin » de soi à l'ère de la Covid-19 au Québec : analyse de la gouvernementalité dans le discours de l'Institut national de santé publique du Québec » Mémoire.
Montréal (Québec, Canada), Université du Québec à Montréal, Maîtrise en sociologie.
Fichier(s) associé(s) à ce document :
Résumé
Ce mémoire analyse la gouvernementalité du « prendre soin » de soi dans le discours de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), avant, pendant et après la crise de la Covid-19. Il problématise, à l’ère de la crise sanitaire, la conception, largement reprise dans les governmentality studies, selon laquelle l’individu contemporain serait façonné par les institutions, tel un acteur responsable et autonome, capable de se maintenir en santé et de « prendre soin » de lui-même. Le matériau de recherche est composé de 86 publications scientifiques publiées au sein de l’INSPQ de janvier 2003 à juillet 2024. À partir de l’étude discursive de ces publications, le mémoire examine comment se déploie le gouvernement du « prendre soin » de soi, en tenant compte de l’exceptionnalité de la crise de la Covid-19 et de ses effets sur certaines thématiques centrales : les milieux de soin, la santé mentale, le savoir expérientiel, la vulnérabilité, les mesures agentiques, etc. La séparation du matériau en trois temporalités (avant, pendant, après) affiche des résultats intéressants. Avant la crise, les mesures recommandées par les expert.es à l’INSPQ ne sont pas axées sur l’autonomisation et la responsabilisation de l’individu, comme ce que suggère la littérature secondaire. Le « prendre soin » de soi est plutôt gouverné par l’entremise de l’environnement. Pendant la crise, les interventions recommandées traduisent les changements que la crise a engendrés. Leur forme, leur quantité et leur rigueur changent. Au final, la gouvernance du « prendre soin » de soi est assujettie par des contraintes extérieures. Après la crise, les expert.es cessent de recommander, sauf dans les milieux de soin, où la crise semble encore persister. En somme, la gouvernementalité du « prendre soin » de soi n’est pas figée, elle apparaît comme une construction complexe et plurielle en fonction des facteurs qui la font naître : le contexte, le savoir mobilisé, les populations concernées, les moyens utilisés pour intervenir, ou encore les principes qui la régissent.
_____________________________________________________________________________
MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : Covid-19, gouvernementalité, « prendre soin » de soi, santé publique, Michel Foucault, crise, analyse discursive, risque, vulnérabilité, production scientifique, savoir, pouvoir et vérité, autonomie et responsabilité, santé mentale, stigmatisation, milieux de soin.
| Type: |
Mémoire accepté
|
| Informations complémentaires: |
Fichier numérique reçu et enrichi en format PDF/A. |
|
Directeur de thèse: |
Pache, Stéphanie |
| Mots-clés ou Sujets: |
Pandémie de COVID-19, 2020-2023 / Santé publique / Gouvernance / Habitudes de santé / Institut national de santé publique du Québec |
| Unité d'appartenance: |
Faculté des sciences humaines > Département de sociologie |
| Déposé par: |
Service des bibliothèques
|
| Date de dépôt: |
12 févr. 2026 14:08 |
| Dernière modification: |
12 févr. 2026 14:13 |
| Adresse URL : |
https://archipel.uqam.ca/secure/id/eprint/19613 |