Du mythe d'Orphée et Eurydice : vers une herméneutique du trauma

Gaudreau-Pollender, Martin (2015). « Du mythe d'Orphée et Eurydice : vers une herméneutique du trauma » Thèse. Montréal (Québec, Canada), Université du Québec à Montréal, Doctorat en psychologie.

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Résumé

La présente thèse porte sur le mythe d'Orphée et Eurydice et sur ce que celui-ci invite à explorer et à comprendre du vécu traumatique. En ce sens, elle se présente comme une « herméneutique du trauma » – c'est-à-dire comme un effort résolu pour (ré)impliquer la psychologie dans l'horizon des grands récits à l'intérieur desquels l'homme a depuis longtemps raconté sa condition et fait sens de celle-ci. La considération du mythe d'Orphée et Eurydice dans notre thèse permet une exploration existentielle du trauma, ce dernier est donc considéré comme faisant partie intégrante de l'expérience de l'être et non, par exemple, comme une simple psychopathologie qui dénote une dysfonction ou une anormalité. Nous concevons ainsi à travers cette thèse que l'usage du mythe en psychologie concerne le rapport existentiel de l'homme à son monde en permettant d'ouvrir un espace narratif qui métaphorise et repoétise son expérience. En l'occurrence, il ressort des deux principales versions du mythe d'Orphée et Eurydice, soient celles de Virgile et d'Ovide, une trame narrative qui évoque de parts en parts la déroute d'Orphée. Déroute ou déchéance qui rappelle la déroute identitaire traumatique impartie à l'étymologie même du phénomène. Cette déroute se présente chez le protagoniste dans le mouvement même de son retournement tragique et de son regard sur Eurydice, où il est sidéré et stupéfié dans le face-à-face avec la mort et dans son incapacité à ressortir des Enfers. Le trauma, chez nos patients, semble impliquer un tel genre de déroute, au sein duquel l'être-au-monde traumatisé, face à la quotidienneté, ne peut exister et n'être lui-même que sur le mode de l'alerte, de la terreur et de la stupéfaction. Le corps s'en trouve sidéré et désorienté à la suite d'un face-à-face effractaire avec la mort, comme Orphée dans les marches du Ténare. Nous constatons aussi qu'en plus de garder le corps tourné vers le lieu du trauma, le vécu traumatique fixe la temporalité de l'homme qui, pour ainsi dire, empêche la mémoire et l'oubli, c'est-à-dire le « passage du temps ». La répétition incessante et les lamentations Orphiques rappellent ce temps figé dans une répétition de l'identique qui empêche la représentation de l'évènement traumatique. Nous relevons que l'indisposition musicale et pastorale d'Orphée l'empêche d'émouvoir et de se lier à l'autre à travers ses lamentations désespérées. Le vécu traumatique démontre parallèlement une incapacité à « re-connaître » et à léguer un souvenir de l'évènement traumatique. Cela ce manifeste dans un rétrécissement, parfois mortifère, de la possibilité à se transformer, à espérer et à dialoguer à nouveau. La mort du héros est l'image de cette incapacité à transmettre sa poésie et sa douleur. Enfin, dans cet esprit, cette thèse souhaite permettre à la notion de trauma d'être posée dans le souci d'une psychologie existentielle, c'est-à-dire en lien avec la question de l'être et de l'existence humaine. ______________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : Trauma, Orphée, Herméneutique, Psychologie.

Type: Thèse ou essai doctoral accepté ()
Informations complémentaires: La thèse a été numérisée telle que transmise par l'auteur.
Directeur de thèse: Thiboutot, Christian
Mots-clés ou Sujets: Traumatisme psychique / Orphée (Mythologie grecque) / Eurydice (Mythologie grecque) / Mythe / Psychologie / Herméneutique
Unité d'appartenance: Faculté des sciences humaines > Département de psychologie
Déposé par: Service des bibliothèques
Date de dépôt: 21 avr. 2016 13:01
Dernière modification: 21 avr. 2016 13:01
Adresse URL : http://archipel.uqam.ca/id/eprint/8169

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