Simeu Tagno, Brice Armel
(2025).
« Souveraineté culturelle du Québec à l'ère des plateformes numériques : une étude du processus de mise à l'agenda de l'encadrement législatif de la découvrabilité des contenus culturels francophones » Mémoire.
Montréal (Québec, Canada), Université du Québec à Montréal, Maîtrise en science politique.
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Résumé
À l’ère du numérique, la domination des grandes plateformes internationales pose un défi majeur à la souveraineté culturelle des sociétés en situation de minorité linguistique. La découvrabilité des contenus culturels francophones, en particulier ceux issus du Québec, est entravée par des algorithmes et des logiques commerciales favorisant la concentration et la mise en avant des productions issues des industries culturelles dominantes. Dans ce contexte, l’encadrement législatif de la découvrabilité s’impose comme une réponse politique et réglementaire nécessaire pour garantir un accès équitable aux contenus culturels nationaux et locaux dans l’environnement numérique. L’objectif de ce mémoire est d’examiner comment les idées, les visions et les approches issues du sous-système de la politique culturelle au Québec ont fait émerger une perspective québécoise de la découvrabilité, qui s’est formalisée dans le processus de mise à l’agenda de l’encadrement législatif de la découvrabilité. En s’appuyant sur la théorie de la mise à l’agenda en politiques publiques et sur le concept de communauté épistémique, nous analysons le rôle spécifique des acteurs universitaires et de la recherche dans l’élaboration d’un instrument d’action publique en matière de découvrabilité au Québec. À partir d’une analyse qualitative des mémoires déposés dans le cadre des consultations publiques du ministère de la Culture et des Communications du Québec (MCCQ), ce mémoire met en évidence l’émergence d’un débat structurant autour de la découvrabilité, impliquant des visions et des approches plus convergentes que strictement opposées sur la régulation des plateformes numériques. Le principal constat de cette recherche est l’identification d’une École québécoise de la découvrabilité, qui se divise en deux courants distincts, mais complémentaires : « l’École de Montréal », qui adopte une approche techno-institutionnelle et instrumentale en faveur d’une régulation algorithmique et d’une gouvernance multipartite, et « l’École de Québec », plus axiologique et critique, qui privilégie une approche normative et réglementaire fondée sur la nécessité d’un cadre législatif contraignant, inspiré notamment des principes de la Convention de l’UNESCO de 2005 sur la diversité des expressions culturelles. Si la question de la découvrabilité est largement reconnue comme un enjeu essentiel de souveraineté culturelle, son opérationnalisation demeure marquée par des tensions entre des approches techniques et des impératifs juridiques comme leviers de son activation. Malgré une convergence apparente sur l’importance saillante de la découvrabilité, les mécanismes concrets de sa mise en oeuvre restent sujets à des débats non tranchés.
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MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : Souveraineté culturelle, découvrabilité, numérique, algorithme, consultation publique, politique publique, contenus francophones, Québec
| Type: |
Mémoire accepté
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| Informations complémentaires: |
Fichier numérique reçu et enrichi en format PDF/A. |
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Directeur de thèse: |
Rioux, Michèle |
| Mots-clés ou Sujets: |
Découvrabilité / Politique gouvernementale / Québec (Province) / Souveraineté culturelle / Plateformes de diffusion en continu / Contenu culturel francophone |
| Unité d'appartenance: |
Faculté de science politique et de droit > Département de science politique |
| Déposé par: |
Service des bibliothèques
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| Date de dépôt: |
16 sept. 2025 13:18 |
| Dernière modification: |
16 sept. 2025 13:18 |
| Adresse URL : |
http://archipel.uqam.ca/id/eprint/19087 |