Le retour du bar rayé dans l'estuaire du Saint-Laurent : écologie des jeunes stades de vie et caractérisation des habitats essentiels

Vanalderweireldt, Lucie (2019). « Le retour du bar rayé dans l'estuaire du Saint-Laurent : écologie des jeunes stades de vie et caractérisation des habitats essentiels » Thèse. Montréal (Québec, Canada), Université du Québec à Montréal, Doctorat en biologie.

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Résumé

Dans l'estuaire du Saint-Laurent, la population ancestrale de bar rayé (Morone saxatilis) a disparu au cours des années 60 en raison d'une pression de pêche inadaptée et de l'altération de son habitat. Dès 2002, le Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec a entrepris la réintroduction d'une nouvelle population de bar rayé. Afin de favoriser son ré-établissement, cette étude de doctorat a pour objectif de documenter l'écologie des jeunes stades de vie du bar rayé et d'identifier son habitat essentiel. De juin à septembre 2014, 162 stations pélagiques et 188 stations littorales ont été caractérisées en termes de physicochimie, de proies disponibles et d'assemblages ichtyologiques à l'aide d'un filet bongo, de seines de rivage et d'une sonde CTD. Dans la zone pélagique et littorale, quatre habitats estuariens ont été identifiés à partir des mesures de salinité et de turbidité : un habitat amont d'eau douce (UP), deux habitats localisés dans la zone de turbidité maximale de salinité oligohaline (O-ETM) et mésohaline (M-ETM), et un habitat aval polyhalin (DOWN). Les suivis se déroulant de juin à septembre 2014 ont permis l'échantillonnage de 765 bars rayés à partir desquels, un sous-échantillon de larves et de juvéniles a été utilisé pour l'analyse des contenus stomacaux, de la microstructure des otolithes et de la chimie des otolithes. En juin, les larves de bar rayé étaient distribuées principalement dans l'habitat O-ETM où l'alimentation était composée de cladocères Bosmina sp. et de copépodes dont Eurytemora affinis. Dans une moindre mesure, une plus faible densité de larves fut identifiée dans l'habitat UP, où l'alimentation était composée de copépodes et diatomées. L'étude de l'alimentation, de la croissance et de la survie des larves suggèrent que les habitats UP et l'O-ETM sont des habitats d'alevinage essentiels et contribuent à parts égales au recrutement de la nouvelle population. Cependant, une plus forte pression sélective pourrait s'exercer dans l'habitat UP, et favoriserait la sélection de larves performantes aux croissances rapides. À l'inverse, l'habitat O-ETM présentait les meilleures conditions pour l'alimentation où les larves de bar rayé, plus abondantes, présentaient une mortalité réduite. À partir de juillet, les bars rayés se sont dispersés le long du littoral dans tous les habitats estuariens et ont montré un changement drastique d'alimentation, composée de proies plus énergétiques. En juillet, l'espèce était principalement distribuée dans l'UP, à proximité de sa frayère principale. Dans l'UP, les jeunes bars étaient caractérisés par une alimentation dominée par les pupes de diptère et une croissance plus rapide comparée aux habitats aval. En août et septembre, le bar rayé était concentré principalement dans les habitats O-ETM et M-ETM. Le long du littoral, l'alimentation du bar rayé était essentiellement composée de gammaridés dans l'O-ETM, de gammaridés et de mysidacés dans le M-ETM et de mysidacés dans le DOWN. En septembre, les bars rayés dispersés dans l'habitat DOWN présentaient certes des taux de croissance plus faibles, mais aussi un succès d'alimentation plus important comparé aux habitats amont. De juin à septembre, les conditions les plus favorables au développement du bar rayé ont été identifiées dans l'habitat O-ETM en termes d'environnement physique et de disponibilité des proies. Les bars rayés issus de l'O-ETM présentaient des croissances rapides et une réduction des taux de mortalité-dispersion. Dès août, l'habitat M-ETM semble constituer un compromis écologique intéressant au développement du bar entre des conditions physiques plus coûteuses en énergie et l'accès à de nouvelles ressources. Nous suggérons que les migrations vers les habitats M-ETM et DOWN sont des comportements adaptatifs provoqués par des conditions sous-optimales et par une forte compétition des habitats amont. En élargissant leurs répartitions, les bars rayés juvéniles ont probablement réduit cette compétition en exploitant une nouvelle niche écologique, leur permettant d'accroître leur potentiel de survie. La coexistence de plusieurs patrons de migration divergents souligne les capacités adaptatives de cette nouvelle population, capable de rechercher et d'exploiter l'ensemble des habitats estuariens dont elle a besoin pour se ré-établir. _____________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : jeunes stades de vie du bar rayé, ZTM, alimentation, croissance, mortalité

Type: Thèse ou essai doctoral accepté
Informations complémentaires: La thèse a été numérisée telle que transmise par l'auteur.
Directeur de thèse: Sirois, Pascal
Mots-clés ou Sujets: Bar rayé / Réintroduction / Écologie / Habitat / Populations / Estuaire du Saint-Laurent / Québec (Province)
Unité d'appartenance: Faculté des sciences > Département des sciences biologiques
Déposé par: Service des bibliothèques
Date de dépôt: 27 nov. 2019 13:36
Dernière modification: 27 nov. 2019 13:36
Adresse URL : http://archipel.uqam.ca/id/eprint/12941

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