L'exposition à l'épreuve du vivant : pratiques curatoriales et performance

Hudon, Véronique (2025). « L'exposition à l'épreuve du vivant : pratiques curatoriales et performance » Thèse. Montréal (Québec), Université du Québec à Montréal, Doctorat en études et pratiques des arts.

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Résumé

Ces dernières décennies, les arts vivants sont de plus en plus présents dans les musées et les institutions en arts visuels. Certain·e·s artistes et commissaires revisitent le format de l’exposition en remettant en question les cadres perceptuels traditionnels du white cube, et donc renouvèlent les relations entre l’artiste, le public et l’oeuvre. En partant de réflexions et d’analyses d’historien·ne·s de l’art, notamment Claire Bishop, Dorothea von Hantelmann, Amelia Jones et Catherine Wood, je vais situer ces transformations dans un horizon plus large qui nous pousse à redéfinir notre relation aux corps vivants et à la vie dans le contexte de l’exposition. Au carrefour des études décoloniale, curatoriale et de la performance, je mettrai en contexte l’émergence de ces nouvelles pratiques de l’exposition. Mes recherches et analyses vont s’appuyer sur la réalisation concrète du co-commissariat de l’exposition Refus contraire (2018) avec les commissaires Doriane Biot et Camille Richard. Réalisée à la Galerie de l’UQAM, l’exposition présentait le travail d’artistes contemporains dont les gestes et les oeuvres étaient mis en dialogue avec Refus global et le groupement automatiste. Le parti pris de l’exposition était d’interroger l’imaginaire populaire et nationaliste associée à Refus global, en présentant des pratiques artistiques féministes, queer et décoloniales. Mon commissariat en arts vivants intitulé « Transformation continue » m’a permis de mettre à l’épreuve une hypothèse générale : les arts incarnés et la performance transforment le format de l’exposition et participent aux développements de pratiques curatoriales. Ma thèse porte sur les enjeux épistémologiques, esthétiques et politiques que soulève le développement d’approches curatoriales, dont les pratiques mettent en jeux les arts vivants, la performance et la performativité. Dans l’exposition, les formes incarnées ont un potentiel critique à l’égard de nos manières de penser l’oeuvre, son contexte et l’expérience esthétique. Ce potentiel critique prend forme à travers les traits singuliers liés à la matérialité vivante des corps: l’éphémère, la corporéité, la précarité, le recours à la partition, la performativité et l’affect. À l’aide de réflexions faites par différent·e·s théoricien·ne·s du champ des arts vivants, André Lepecki, Rebecca Scchneider et Eleonora Fabião, je vais réfléchir aux singularités des corps vivants. Ma thèse soutient que les corps en actions dans l’espace d’exposition ont un potentiel critique à l’endroit du white cube. Je souhaite montrer comment ces singularités transforment les formes discursives, les formats de production, de présentation et de réception habituellement préconisées dans l’espace d’exposition et évaluer l’espace d’émancipation qu’elles peuvent rendre possible. Tout au long de ma thèse, j’analyse mon commissariat en arts vivants « Transformation continue » tout en me livrant à des analyses plus générales d’expositions performatives ou de pratiques curatoriales. Mes analyses s’inscrivent en continuité avec les réflexions sur les pratiques curatoriales faites par Beatrice von Bismarck, Paul O’Neil et Maura Reilly. Dans le premier chapitre, j’esquisse différentes trajectoires historiques pour mettre en contexte le phénomène des expositions performatives, et fournis une description de détaillée de Refus contraire et de mon commissariat en arts vivants. Dans le second chapitre, je vais présenter et analyser la pluralité des discours que Refus contraire développe avec et autour Refus global. Dans mon commissariat, les formes en arts vivants interrogent par le truchement de Refus global : la place des femmes dans l’art, l’effacement des oeuvres en arts vivants dans les histoires de l’art (jusqu’à récemment) et l’occultation de la dimension communautaire propre à l’art. Les trois autres chapitres analysent ma pratique curatoriale : en partant des processus de production (chapitre 3), en passant par la présentation des oeuvres mêmes (chapitre 4), jusqu’à la réception (chapitre 5). Ainsi, je m’intéresse aux formes curatoriales dont les processus mettent en scène des enjeux de production et de réception comme participant à l’exposition même. Il sera question de l’exposition comme un site de création. Dans ce contexte, j’analyserai mes approches conceptuelles et organisationnelles afin de penser le déploiement de l’action dans le temps, dans l’espace et les relations avec les formes matérielles. Les enjeux esthétiques et politiques propres aux expositions performatives seront approfondis en traitant de la « re-matérialisation » des corps vivants dans l’espace d’exposition. Les arts vivants développent des formes relationnelles autres que celles habituellement développées avec un objet visuel dans les expositions traditionnelles; il y a une hybridation des modalités de réception à mi-chemin entre les arts visuels et les arts de la scène, qui déstabilise les rituels de réception. _____________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : pratiques curatoriales, performance, exposition, arts vivants, Refus global

Type: Thèse ou essai doctoral accepté
Informations complémentaires: Fichier numérique reçu et enrichi en format PDF/A.
Directeur de thèse: Loubier, Patrice
Mots-clés ou Sujets: Commissariat d'exposition / Expositions / Art de performance / Arts vivants
Unité d'appartenance: Faculté des arts > Département d'études et pratique des arts
Déposé par: Service des bibliothèques
Date de dépôt: 09 déc. 2025 09:15
Dernière modification: 09 déc. 2025 09:15
Adresse URL : http://archipel.uqam.ca/id/eprint/19391

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