Bélanger, Victor
(2025).
« Le techno-hōyō : une nouvelle forme de hōyō Jōdo Shinshū au Japon » Mémoire.
Montréal (Québec, Canada), Université du Québec à Montréal, Maîtrise en sciences des religions.
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Résumé
Ce mémoire documente une nouvelle forme de service bouddhiste (hōyō) de la Vraie Terre Pure (Jōdo Shinshū) au Japon. Ce service utilise d’effets visuels et sonores technos, empruntant ainsi à l’esthétique des cultures électroniques. Le prêtre responsable de cette innovation, Gyosen Asakura, est déjà bien connu sur les réseaux sociaux. Son temple, situé dans la préfecture de Fukui, propose le techno-hōyō à l’occasion de cérémonies annuelles. Dans un contexte de fragilité grandissante des écoles bouddhistes japonaises, le techno-hōyō apparait comme une innovation visant à changer l’image morbide du bouddhisme japonais et à l’adapter à la société japonaise contemporaine. L’ethnomusicologue Duncan Reehl (2020; 2023) a déjà documenté des cas d’innovations musicales bouddhistes similaires, dont certaines créations musicales de Gyosen Asakura. Selon lui, ces créations constituent des médiations musicales bouddhistes qui relient deux mondes musicaux traditionnellement cloisonnés : celui du temple bouddhiste et celui de la musique populaire. Par leurs mélanges musicaux inédits, ces créations artistiques témoignent de la volonté des prêtres de rejoindre la population japonaise. Dans le cadre d’un terrain ethnographique de trois mois au printemps 2024, j’ai assisté à plusieurs hōyō, dont le techno-hōyō, à l’occasion de la cérémonie du Hanamatsuri qui célèbre la naissance du Bouddha Sakyamuni. À partir de cette expérience de terrain, je propose d’approfondir les pistes de recherche déjà explorées par Duncan Reehl (2020; 2023), mais en mettant l’accent sur l’expérience des participant.es non-prêtres ainsi que sur l’aspect visuel du techno-hōyō. Quels genres d’expériences la médiation sonore et visuelle du techno-hōyō suscite-t-elle chez les participant·es du techno-hōyō, et de quelle manière ? Les principaux résultats concernent l’expérience de certain.es participant.es qui témoignent de la grande variabilité des motivations à leur participation et des expériences suscitées par ce nouveau service bouddhiste techno, telles que l’impression d’être dans un « autre monde » et une vive impression tirant son origine des mélanges esthétiques inédits qui le composent. Le techno-hōyō suscite également des débats et des tensions chez les participant·es quant à la préservation des techniques de performance (kata) du rite et des enseignements du Dharma.
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MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : Japon, Bouddhisme, Vraie Terre Pure, Jōdo Shinshū, service bouddhiste, hōyō, techno