Thanatos et civilisation : la violence dans les sciences sociales, pour une compréhension des modes de régulation et de reproduction de la société

Dion, Richard (2016). « Thanatos et civilisation : la violence dans les sciences sociales, pour une compréhension des modes de régulation et de reproduction de la société » Thèse. Montréal (Québec, Canada), Université du Québec à Montréal, Doctorat en sociologie.

Fichier(s) associé(s) à ce document :
[img]
Prévisualisation
PDF
Télécharger (4MB)

Résumé

Depuis un peu plus d'un siècle, la violence a progressivement pris de l'importance dans diverses disciplines des sciences sociales (philosophie, droit, histoire, sociologie, anthropologie, sciences politiques, etc.) comme objet d'étude original et particulier. En tant que phénomène intégré aux différents modes de régulation et de reproduction des sociétés, la notion de violence donne lieu à un débat théorique et épistémologique. Le sujet va être abordé différemment selon les disciplines et les différents courants de pensée. Ce débat se transpose également dans notre manière de conceptualiser les différentes époques historiques – dont celle de la préhistoire – par le rôle régulateur que l'on accorde à la violence collective dans le processus de reproduction de la société. C'est donc par une approche multidisciplinaire que nous abordons le problème ontologique de la violence dans les sciences sociales et dans l'histoire. À l'aube d'un nouveau millénaire, la crise du monde moderne et par conséquent de notre civilisation, analysée notamment par Hannah Arendt, nous amène à nous questionner sur l'état actuel des lieux. Quelles sont les formes de la figure du mal dans le monde contemporain et quelle est l'originalité ontologique de la violence dans le contexte sociologique et historique du temps présent? Le titre d'un colloque sur le sujet, au début des années 2000, illustre la problématique de cette thèse : Violence d'aujourd'hui, violence de toujours. Peut-on conceptualiser une violence universelle, une forme de barbarie ou une essence du Mal qui aurait existé de tout temps et qui continuerait à structurer le monde dans lequel nous vivons, comme tente de nous le démontrer l'œuvre de René Girard? Le fait étudié change selon les auteur(e)s qui seront abordé(e)s. Girard, par exemple, va prioriser l'étude des rituels sacrificiels à partir de la violence mimétique au détriment d'une analyse de la violence institutionnelle dans l'histoire ou des mutations anthropologiques de la guerre dans le monde contemporain. Les différentes perspectives en sciences sociales démontrent l'impossibilité de trouver une définition neutre de la violence qui n'aurait aucune implication normative et politique. Par conséquent, nous pouvons nous poser la question : quelle est la place de la barbarie dans l'histoire, une relique du passé ou l'avenir de l'humanité? Sommes-nous arrivés à une forme de fin de l'histoire – conceptualisée par Francis Fukuyama à la suite de l'effondrement des régimes communistes – ou à un choc des civilisations (Samuel Huntington) comme semble-nous le démontrer le terrorisme contemporain et la « guerre » contre celui-ci? Selon Girard, les sociétés occidentales, en tant que civilisation chrétienne, donneraient lieu à une pacification de l'humanité par une forme de darwinisme culturel. Ainsi, le monde judéo-chrétien serait beaucoup moins violent que toutes autres civilisations. Ce type d'analyse omet – volontairement – d'analyser la question du point de vue du colonialisme pour ainsi faire de l'Occident un modèle universel pour l'humanité. L'Occident se distinguerait ainsi, selon l'analyse girardienne, par sa capacité de neutraliser la violence mimétique structurée par le désir d'appropriation des individus. Nous allons remettre en question ce type d'analyse qui pose problème tant au niveau de notre compréhension des phénomènes sociaux étudiés que de notre conception de l'histoire. Pour produire cette critique, notre objet d'étude sera conceptualisé à l'aide de l'approche idéal-typique telle que proposée par la sociologie dialectique de Michel Freitag. L'un des objectifs de cette thèse est de démontrer la dimension idéologique de certaines études de la violence dans les sciences sociales, ce qui nous permettra de développer une analyse critique sur l'historicité des certaines approches. Nous avons développé trois idéaux-types de violence : violence de type culturel, violence institutionnelle et violence systémique. Selon le point de point de vue épistémologique que l'on adopte, chaque étude privilégie l'un de ces trois types de violence. Il s'agit de notre premier niveau d'analyse. Dans un deuxième temps, nous allons démontrer que, selon les époques, il y a un type de violence qui prédomine selon un processus dialectique de l'histoire. Cette thèse vise donc à établir le lien entre mode de régulation et de reproduction de la société, au sens freitagien, et type de violence collective. En particulier, nous analyserons les particularités de la violence systémique car seule une analyse dialectique de ces trois types de violences peut nous permettre de comprendre les enjeux politiques de la violence dans le monde contemporain. ______________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : Sociologie politique, anthropologie, violence mimétique, violence institutionnelle, violence systémique

Type: Thèse ou essai doctoral accepté ()
Informations complémentaires: La thèse a été numérisée telle que transmise par l'auteur.
Directeur de thèse: Antonius, Rachad
Mots-clés ou Sujets: Violence -- Aspect sociologique / Violence -- Histoire / Idéologie / Sociologie politique
Unité d'appartenance: Faculté des sciences humaines > Département de sociologie
Déposé par: Service des bibliothèques
Date de dépôt: 07 oct. 2016 18:30
Dernière modification: 07 oct. 2016 18:30
Adresse URL : http://archipel.uqam.ca/id/eprint/8921

Statistiques

Voir les statistiques sur cinq ans...