Relation entre la pensée divergente et l'acquisition d'une théorie représentationnelle de la pensée

Howard, Lynn (2013). « Relation entre la pensée divergente et l'acquisition d'une théorie représentationnelle de la pensée » Thèse. Montréal (Québec, Canada), Université du Québec à Montréal, Doctorat en psychologie.

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Résumé

Le domaine de recherche des théories de la pensée étudie principalement la capacité de « penser à la pensée des autres », soit de réfléchir aux pensées, désirs, croyances et intentions d'autrui. Le développement d'une habileté comme la pensée divergente chez l'enfant faciliterait possiblement l'acquisition d'une telle capacité. Néanmoins, peu d'études ont tenté d'approfondir les connaissances sur le lien entre ces deux compétences. L'objectif de l'étude actuelle est de vérifier la relation entre ces deux capacités cognitives chez le jeune enfant afin de préciser si le développement de l'une influence l'acquisition de l'autre. Tout comme la réussite des tâches de fausses croyances est un indicateur de l'acquisition des théories de la pensée, dans le domaine de la créativité, la pensée divergente est utilisée pour mesurer la créativité chez l'enfant. Les études antérieures montrent une relation entre la capacité représentationnelle et une pensée créative (Dockett, 1998; Nelson et al., 2003; Suddendorf et Fletcher-Flinn, 1999; Taylor et Carlson, 1997), voir une pensée divergente. La pensée divergente est définie par Guilford (1950, 1967) comme la capacité de l'enfant de créer de nouvelles idées à partir de sa base de connaissances au-delà du domaine de contenu mental actuellement activé. Il existerait un lien significatif entre le développement d'une pensée représentationnelle chez les jeunes enfants et leurs compétences en matière de pensée divergente (Hala, Chandler et Fritz, 1991; Suddendorf et Fletcher-Flinn, 1997, 1999). Cependant, le sens de cette relation demeure indéterminé. Malgré la possibilité qu'une capacité améliorée aux tâches de fausses croyances engendre un rendement plus élevé au niveau des tâches de la pensée divergente, l'hypothèse inverse est aussi plausible. Certaines études suggèrent que l'amélioration des habiletés de pensée divergente permet l'acquisition d'une théorie représentationnelle (Hala, Chandler et Fritz, 1991; Kloo et Perner, 2003; Suddendorf et Fletcher-Flinn, 1999). La décentration cognitive inhérente à la pensée divergente faciliterait possiblement le développement de la compréhension des états mentaux. L'hypothèse principale est donc qu'une plus grande habileté au niveau de la pensée divergente favorise le développement des théories de la pensée. Des enfants, d'âge moyen de trois ans et demi, sont répartis aléatoirement à l'intérieur de trois groupes différents soit deux groupes expérimentaux et un groupe contrôle. Les participants des groupes expérimentaux sont entraînés aux théories de la pensée ou à la pensée divergente. Tous les participants sont soumis à un prétest mesurant leurs niveaux de performance à la pensée divergente et aux théories de la pensée ainsi qu'à un post-test immédiat suivi d'une relance afin d'évaluer leurs niveaux d'apprentissage. Les résultats confirment l'existence d'une relation significative entre le rendement aux tâches des théories de la pensée et celui aux tâches de la pensée divergente. L'entraînement dans les deux domaines a permis aux enfants d'améliorer significativement leurs habiletés par rapport au groupe contrôle dans chacun de ces domaines respectifs. Finalement, les enfants entraînés à la pensée divergente voient leurs rendements aux tâches des théories de la pensée augmenter significativement dans le temps par rapport au groupe contrôle, ce qui vérifie l'hypothèse principale. Les résultats de la présente étude suggèrent qu'une meilleure capacité de pensée divergente favorise le développement d'une théorie représentationnelle de l'esprit. Il semble plausible d'avancer que l'association observée entre ces deux habiletés ne soit pas uniquement due à de plus grandes capacités génératives qui facilitent le développement des théories de la pensée, mais qu'une habileté commune sous-jacente soit responsable de l'augmentation du rendement dans les deux types de tâches. Les habiletés exécutives sont proposées comme base de la capacité de réussite aux tâches de fausses croyances. Le développement des habiletés au niveau d'une pensée divergente permettrait une meilleure utilisation des habiletés exécutives facilitant l'acquisition d'une pensée représentationnelle. Les capacités de contrôle inhibitoire et de flexibilité cognitive permettraient aux jeunes enfants de se dégager de leur propre représentation et de considérer celle d'autrui. Une meilleure compréhension des différences individuelles et culturelles ainsi qu'une plus grande précision sur l'implication possible des composantes exécutives dans le développement des théories de la pensée sont des pistes de recherches futures qui permettront peut-être une vérification éventuelle de l'interprétation des résultats. ______________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : théories de la pensée, théories de l'esprit, créativité, pensée divergente, contrôle de l'inhibition, flexibilité cognitive, fonctions exécutives.

Type: Thèse ou essai doctoral accepté ()
Informations complémentaires: La thèse a été numérisée telle que transmise par l'auteur.
Directeur de thèse: Reid, Luc
Mots-clés ou Sujets: Théorie de l'esprit chez l'enfant / Pensée divergente / Créativité chez l'enfant / Représentation mentale chez l'enfant / Inhibition chez l'enfant
Unité d'appartenance: Faculté des sciences humaines > Département de psychologie
Déposé par: Service des bibliothèques
Date de dépôt: 18 déc. 2015 17:46
Dernière modification: 18 déc. 2015 17:46
Adresse URL : http://archipel.uqam.ca/id/eprint/7593

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