Adaptation scolaire d'élèves ayant un biais positif d'évaluation : perception des parents et des enseignants

Lengelé, Aurélie (2014). « Adaptation scolaire d'élèves ayant un biais positif d'évaluation : perception des parents et des enseignants » Thèse. Montréal (Québec, Canada), Université du Québec à Montréal, Doctorat en psychologie.

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Résumé

Afin de lutter contre le décrochage scolaire, de nombreux auteurs se sont intéressés aux facteurs impliqués dans la réussite scolaire des élèves (Lopez, Little, Oettingen, & Baties, 1998; Zimmerman, Bonner, & Kovach, 2000). Récemment, plusieurs ont porté une attention particulière à leur perception de compétence, une variable motivationnelle centrale dans le fonctionnement scolaire des élèves (Bandura, 2007; Bouffard, Boisvert & Vezeau, 2003). Cette perception réfère au jugement de l'élève d'avoir la capacité de réussir efficacement les tâches qui lui sont proposées (Bandura, 1977). La perception de compétence se fonde sur le traitement d'informations de différentes sources d'informations et, selon l'efficacité de ce traitement, elle peut ne pas correspondre aux capacités réelles de l'élève (Bandura, 2007). Ainsi, certains ont tendance à sous-estimer leur compétence alors que d'autres ont tendance à faire l'inverse. Les travaux faits sur la sous-estimation de ses compétences, aussi appelée l'illusion d'incompétence ou encore biais négatif d'auto-évaluation, indiquent sans conteste son rôle négatif sur le fonctionnement et le rendement scolaires des élèves (Bouffard, Vezeau, Chouinard & Marcotte, 2006; Phillips, 1984; Phillips & Zimmerman, 1990). Toutefois, les travaux faits sur la surestimation, aussi appelée l'illusion de compétence ou encore biais positif d'auto-évaluation, n'indiquent pas de consensus quant aux effets sur le fonctionnement scolaire des élèves. Certains auteurs affirment que ceux ayant un biais positif sont plus motivés, ont plus d'habiletés sociales et sont plus capables de se fixer des objectifs (Taylor & Brown, 1988). D'autres prétendent au contraire qu'un tel biais aurait des conséquences négatives dans le domaine social à tout le moins (John & Robins, 1994; Paulhus, 1998). À ce jour, peu d'études ont vérifié la nature des conséquences d'un biais positif d'auto-évaluation dans le domaine scolaire, et encore moins l'ont fait en utilisant une mesure objective des capacités des élèves. C'est l'optique adoptée dans le présent essai dont l'objectif général était de poursuivre l'examen du caractère adaptatif d'un biais positif d'auto-évaluation. L'échantillon comprenait 432 élèves, au moins un de leurs parents et leur enseignant. L'objectif plus spécifique était d'examiner, chez des élèves de quatrième et de cinquième année du primaire, le lien entre un tel biais et leur fonctionnement scolaire un an plus tard. Le fonctionnement scolaire a été mesuré par la motivation en français et en mathématiques et l'autorégulation scolaire rapportées par les parents et les enseignants. Une mesure objective du rendement de l'élève rapportée par l'enseignant ainsi qu'une mesure de sa perception du rendement de l'élève comparativement à ses capacités ont aussi été prises. Finalement, les parents ont aussi rapporté leur perception du rendement de leur enfant comparé au rendement des autres élèves et leur satisfaction de ses efforts dans son travail scolaire. Les résultats indiquent que les parents évaluent les élèves ayant un biais positif d'auto-évaluation de compétence comme étant plus motivés, comme ayant un rendement supérieur en mathématiques et comme faisant plus d'autorégulation que ceux ayant un biais négatif mais pas plus que ceux s'évaluant de manière réaliste. Ils disent aussi être plus satisfaits des efforts fournis par leur enfant quand ce dernier a un biais positif ou qu'il s'évalue de manière réaliste que quand il a un biais négatif. Des résultats assez semblables sont observés chez les enseignants. Ils jugent les élèves ayant un biais positif d'autoévaluation de compétence comme étant plus motivés et comme ayant un rendement supérieur en français que tous les autres élèves. Ils les perçoivent aussi comme faisant plus d'autorégulation et ayant un rendement supérieur en mathématiques à ceux ayant un biais négatif. Finalement, les enseignants rapportent que ceux ayant un biais positif et ceux s'évaluant de manière réaliste ont un rendement mieux ajusté à leurs capacités que ceux ayant un biais négatif. Pris dans leur ensemble, ces résultats suggèrent qu'un biais positif d'auto-évaluation de compétence constitue une ressource motivationnelle positive et un atout au plan des apprentissages en milieu scolaire. ______________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : perception de compétence, biais positif d'auto-évaluation de compétence scolaire, biais négatif d'auto-évaluation de compétence scolaire, illusion de compétence, illusion d'incompétence.

Type: Thèse ou essai doctoral accepté ()
Informations complémentaires: L'essai a été numérisé tel que transmis par l'auteur.
Directeur de thèse: Bouffard, Thérèse
Mots-clés ou Sujets: Autoefficacité, Auto-évaluation, Compétence, Élève du primaire, Réussite scolaire
Unité d'appartenance: Faculté des sciences humaines > Département de psychologie
Déposé par: Service des bibliothèques
Date de dépôt: 20 mai 2015 15:52
Dernière modification: 20 mai 2015 15:52
Adresse URL : http://archipel.uqam.ca/id/eprint/6908

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