Devenir médecin de famille : une résidence, des rôles et des relations

Rioux, Richard (2019). « Devenir médecin de famille : une résidence, des rôles et des relations » Thèse. Montréal (Québec, Canada), Université du Québec à Montréal, Doctorat interdisciplinaire en santé et société.

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Résumé

Alors que le travail des médecins est de plus en plus présent dans les médias, la santé et la qualité de vie de ces professionnels ne sont pas à négliger. Les recherches menées jusqu'à maintenant s'intéressent surtout aux problèmes de santé mentale et psychologique comme la dépression, l'épuisement professionnel ou même le suicide de ces travailleuses et travailleurs. Pour certains chercheurs, il est question de la satisfaction en emploi et de la fatigue ressentie par les médecins et par les étudiants en médecine. Pour les médecins en formation, la qualité des relations est abordée pour faire état des épisodes de harcèlement et d'intimidation, mais aussi du modelage de rôle lors du parcours de formation. Dans le contexte actuel où le Québec vit une féminisation de la profession médicale et que la médecine de famille est encore plus concernée par cette présence accrue de femmes, il est notamment important de s'intéresser aux rôles sociaux vécus par les résidentes et résidents en médecine de famille. Comme les résidentes et résidents occupent les statuts de professionnel de la santé et d'étudiant, nous désirons comprendre comment les multiples rôles, qui en découlent, agissent sur leur santé et leur qualité de vie. Pour répondre à notre objectif de recherche, nous avons utilisé un devis mixte par convergence pour lequel nous avons réalisé des entretiens semi-dirigés avec des résidentes et résidents lors de leur première et leur deuxième année de résidence en plus de mettre en ligne une enquête pour rejoindre des résidentes et résidents de l'ensemble du territoire québécois. Ces outils avaient pour but de documenter les différents rôles, la perception de la santé et de la qualité de vie ainsi que des stratégies d'ajustement qui permettent aux résidentes et résidents de limiter ou de diminuer les effets sur la santé et la qualité de vie. Nos analyses démontrent que, malgré un double statut au travail, les résidentes et résidents exercent un rôle unifié, soit celui de résidente ou résident. Ce rôle unifié regroupe toutes les attentes et exigences liées aux soins aux patients en plus de celles à titre d'apprenant. Étant donné que le rôle de résidente ou résident devient si important, les rôles sociaux sont évacués afin de compléter la formation selon les attentes et exigences prévues; mais aussi pour préserver un équilibre avec la qualité de vie. Pour maintenir cet équilibre, la qualité des relations est importante, surtout en ce qui a trait au soutien social. Dans les sphères scolaire et professionnelle, les relations avec les superviseurs et les autres professionnels de la santé sont importantes dans l'établissement d'un environnement d'apprentissage sécuritaire. Lorsqu'ils se sentent en sécurité, les résidentes et résidents peuvent s'exprimer librement à l'égard des soins aux patients et plus d'être en mesure de clarifier les attentes prévues. Une bonne opinion de soi, qui peut se bonifier avec l'expérience, favorise un exercice de rôle plus actif et facilite un apprentissage sécuritaire. D'un autre côté, les patients fournissent une source de motivation et de satisfaction à l'égard du travail alors que les collègues résidents en médecine de famille offrent du soutien au travail par une reconnaissance mutuelle. Du point de vue personnel, la famille, le conjoint et les amis offrent un soutien social plus important s'ils connaissent le milieu de la santé. Dans les autres cas, les résidentes et résidents choisiront de ne pas chercher de soutien social auprès de ces personnes pour éviter de devoir tout expliquer et ainsi perdre du temps dans l'obtention de soutien. Comme élément novateur, cette recherche a permis de constater que le non-choix de la médecine de famille comme spécialité agit sur la santé et la qualité de vie des résidentes et résidents. Par une perception de la médecine de famille comme une spécialité moins prestigieuse et plus exigeante en terme d'apprentissages, les résidentes et résidents n'ayant pas choisi cette spécialité font état de plus de sentiments négatifs comme l'anxiété en plus de voir leur opinion de soi affectée et de vivre des relations plus difficiles avec les collègues, superviseurs et patients. En outre, le non-choix d'un lieu de formation, surtout s'il est situé à distance du réseau social personnel (famille, conjoint, amis), peut aussi entraîner des sentiments négatifs et une difficulté dans l'obtention de soutien social lorsque certains événements surviennent. Finalement, un apport théorique est la mesure du concept d'incongruité de rôle à partir d'une échelle sur les conflits de rôle. Cette incongruité de rôle est alors différente des conflits de rôle puisqu'elle démontre la différence de valeurs, entre les résidentes et résidents en médecine de famille et les professionnels des autres spécialités médicales, surtout au niveau des relations interprofessionnelles. _____________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : résidence, médecine de famille, rôle, relation, profession, non-choix

Type: Thèse ou essai doctoral accepté ()
Informations complémentaires: La thèse a été numérisée tel que transmise par l'auteur.
Directeur de thèse: Aurousseau, Chantal
Mots-clés ou Sujets: Résidents en médecine familiale / Santé / Qualité de vie / Relations humaines / Rôle social
Unité d'appartenance: Faculté des sciences humaines
Déposé par: Service des bibliothèques
Date de dépôt: 05 août 2020 13:39
Dernière modification: 15 sept. 2020 11:17
Adresse URL : http://archipel.uqam.ca/id/eprint/13463

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