La relation parent-enfant et le développement de symptômes dépressifs à l'adolescence : une approche longitudinale et génétiquement informative

Brouillard-Ross, Charlie (2019). « La relation parent-enfant et le développement de symptômes dépressifs à l'adolescence : une approche longitudinale et génétiquement informative » Thèse. Montréal (Québec, Canada), Université du Québec à Montréal, Doctorat en psychologie.

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Résumé

L'adolescence est une période caractérisée par d'importants changements de nature biologique, cognitive et sociale, qui affectent la perception que les adolescents ont d'eux-mêmes ainsi que leurs interactions avec autrui, notamment avec les parents (Paikoff et Brooks-Gunn, 1991). Ces transformations sont en partie expliquées par le processus d'individuation qui tient place durant cette période développementale, permettant à l'adolescent de s'affirmer et de devenir plus autonome (Blos, 1967). Bien qu'une majorité de dyades parent-enfant expérimentent alors des changements normatifs caractérisés par un graduel déclin de chaleur et une augmentation de la négativité au sein de la relation (Laursen, Delay & Adams, 2010; Shanahan, McHale, Crouter, & Osgood, 2007), certaines connaissent aussi de grands bouleversements émotifs (Smetana, Campione-Bar & Metzger, 2006). Considérant l'interconnexion importante entre la qualité des relations interpersonnelles et les symptômes dépressifs (Coyne, 1976; Hammen, 2006), ainsi que l'augmentation significative des symptômes dépressifs de l'enfance à l'adolescence, le développement et le rôle de ces symptômes dans la réalité des familles se doivent d'être explorés (Saluja et al., 2004). Le présent projet de thèse utilise une approche dynamique de la relation parent-enfant, en examinant, à travers deux études distinctes, la bidirectionnalité du lien entre les symptômes dépressifs chez les adolescents et la qualité de la relation parent-enfant. De plus, le devis de jumeaux élevés dans la même famille nous permet d'explorer ces liens dans une perspective génétiquement informative. Plus spécifiquement, en testant la présence des possibles processus de corrélation gène-environnement (rGE) et d'interaction gène-environnement (GxE), cette thèse permettra un examen plus approfondi du lien bidirectionnel entre la qualité des relations parent-enfant et le développement de symptômes dépressifs à l'adolescence que dans les études antérieures (Rutter, Moffitt, & Caspi, 2006). L'échantillon des deux études de la thèse est constitué de jumeaux monozygotes et dizygotes de même sexe qui ont été évalués à partir du secondaire 1 jusqu'au secondaire 5, provenant de l'Étude des Jumeaux Nouveau-nés du Québec (ENJQ). La perception de la qualité de la relation avec la mère et le père a été évaluée à partir d'énoncés provenant de l'Inventaire des Relations Interpersonnelles (NRI; Furman et Buhrmester, 1985, 1992), tandis que les symptômes dépressifs ont été évalués avec la version courte de l'Inventaire de Dépression chez l'Enfant (CDI; Kovacs, 1992). Les résultats de la thèse ont permis dans un premier temps de représenter les trajectoires développementales de chaleur et de conflit au sein de la relation parents-adolescent du début à la fin de l'adolescence. Les analyses révèlent que la majorité des adolescents expérimentent une qualité élevée de relation avec leurs parents, caractérisée par des hauts niveaux de chaleur et de faibles niveaux de conflits, marquée par des changements graduels au cours de l'adolescence. Cependant, 3% des adolescents présentent une trajectoire de niveaux élevés et stables de conflits avec leur mère, et 16% des adolescents présentent une trajectoire de faible chaleur avec leur père, qui diminue jusqu'à la mi-adolescence avant d'augmenter. De plus, en lien avec un processus de corrélation gène-environnement de type évocatif, une plus haute prédisposition génétique aux symptômes dépressifs augmente indirectement le risque de suivre une trajectoire plus problématique avec les deux parents, via la variable médiatrice de l'expression des comportements dépressifs. Ces résultats vont dans le sens de la théorie interactionnelle de la dépression de Coyne (1976) et celle de l'hypothèse de génération du stress de la dépression de Hammen (2006), Dans un deuxième temps, des analyses de régressions multiniveaux ont révélé qu'un manque de soutien dans la relation avec le père prédit une augmentation des symptômes dépressifs chez tous les adolescents, tandis que le conflit dans la relation avec le père prédit une augmentation des symptômes dépressifs seulement chez les adolescents étant plus à risque génétiquement de développer des symptômes dépressifs. De plus, un niveau élevé de soutien dans la relation avec la mère prédit une augmentation des symptômes dépressifs chez les garçons – non chez les filles – qui ont un risque génétique élevé pour ces problèmes. En lien avec un modèle de diathèse-stress de psychopathologie, ces résultats suggèrent que la qualité de la relation avec les deux parents influence les symptômes dépressifs des filles et des garçons, mais que ces associations dépendent en partie de leur vulnérabilité génétique. Ainsi, les deux études ont pu faire ressortir la présence possible de liens bidirectionnels entre la prédisposition génétique aux symptômes dépressifs et la qualité de la relation avec la mère et le père. L'identification de résultats distincts selon la composition sexuelle de la dyade parent-adolescent renforce également l'importance d'examiner ces liens selon le sexe de l'adolescent et celui du parent. L'impact et les conséquences relationnelles du développement des symptômes dépressifs à l'adolescence étant ici démontrés, les programmes de prévention et d'intervention qui s'intéressent aux problématiques de la dépression chez les adolescents se devraient de considérer la réalité interactionnelle au sein des dynamiques familiales. _____________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : Relation parent-adolescent, soutien, conflit, symptômes dépressifs chez les adolescents, étude de jumeaux, corrélations gène-environnement, interactions gène-environnement

Type: Thèse ou essai doctoral accepté ()
Informations complémentaires: La thèse a été numérisée telle que transmise par l'auteur.
Directeur de thèse: Brendgen, Mara Rosemarie
Mots-clés ou Sujets: Dépression chez l'adolescent / Relations parents-enfants / Qualité des relations humaines / Hérédité et milieu / Jumeaux
Unité d'appartenance: Faculté des sciences humaines > Département de psychologie
Déposé par: Service des bibliothèques
Date de dépôt: 05 juill. 2020 11:44
Dernière modification: 05 juill. 2020 11:44
Adresse URL : http://archipel.uqam.ca/id/eprint/13381

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