L'impact des dyskinésies sur le répertoire moteur des patients atteints de la maladie de Parkinson

Goubault de Brugière, Etienne (2019). « L'impact des dyskinésies sur le répertoire moteur des patients atteints de la maladie de Parkinson » Thèse. Montréal (Québec, Canada), Université du Québec à Montréal, Doctorat en biologie.

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Résumé

Introduction. Les symptômes moteurs classiques engendrés par la maladie de Parkinson, comme le tremblement, la bradykinésie, la rigidité et l'instabilité posturale, sont principalement atténués à l'aide de traitements pharmaceutiques. Toutefois, la prise prolongée de ces traitements, combinée à l'évolution de la maladie, entraîne des complications motrices, tels que les dyskinésies. La gestion des dyskinésies se fait préférentiellement par l'ajustement des traitements pharmaceutiques. Cependant, ces ajustements peuvent conduire à la réapparition des symptômes cardinaux de la maladie de Parkinson. L'impact des dyskinésies sur la vie des patients n'est pas clairement défini puisque certaines études suggèrent que les dyskinésies ne constituent pas le problème majeur des patients en comparaison aux symptômes cardinaux, alors que d'autres avancent qu'elles compromettent l'autonomie et la qualité de vie (QdV) des patients. Dans la mesure où la gestion des dyskinésies peut exacerber les symptômes moteurs de la maladie de Parkinson, il devient essentiel de déterminer objectivement i) quel(s) symptôme(s) est/sont déjà présent(s) chez les patients dyskinétiques, ii) quel(s) symptôme(s) est/sont problématique(s) pour l'exécution d'activités de la vie quotidienne (AVQ), et iii) quel(s) symptôme(s) est/sont relié(s) à la QdV et à la participation des patients dans des AVQ. Méthode. 121 patients diagnostiqués avec la maladie de Parkinson et connus pour avoir des dyskinésies ont été recrutés pour cette étude. Les patients étaient équipés de 17 centrales inertielles positionnées sur chaque segment du corps, permettant l'enregistrement en 3 dimensions des mouvements pendant des AVQ. Les niveaux de dyskinésies, de tremblement, de bradykinésie, et le blocage de la marche étaient mesurés à l'aide de ces capteurs, alors que les niveaux d'instabilité posturale et de rigidité étaient mesurés à l'aide de tests cliniques. Le déclin cognitif et les symptômes dépressifs étaient mesurés avec le Mini-Mental State Examination et le 15-item Geriatric Depression Scale. L'engagement des patients dans des AVQ, ainsi que le nombre d'activités affectées par leur symptomatologie ont été mesurés avec l'Activity Card Sort, alors que la QdV des patients était mesurée avec le 12-item Short Form Survey. Les données de 69 participants en santé, d'âge et de genre comparables aux patients, ont servi à établir les seuils de présence de la symptomatologie et de performance des AVQ. Les symptômes influençant la performance des AVQ ont été identifiés avec des régressions logistiques, alors que le niveau symptomatologique critique auquel la performance se dégrade a été calculé avec des courbes ROC (Receiver Operating Characteristic) et les indices de Youden. L'engagement des patients dans des AVQ, les activités affectées par la symptomatologie et la QdV des patients dyskinétiques ont été comparés avec les participants en santé, avant de vérifier leur lien avec la symptomatologie à l'aide de corrélations de Spearman et de régressions multiples. Résultats. Dans une première étude avec 89 patients, ceux présentant des dyskinésies avaient aussi du tremblement de repos, de posture et cinétique (12,7%, 37,1%, et 15,9% respectivement), de la bradykinésie (28,6%), de la rigidité (55,6%), de l'instabilité posturale (71,4%), et du blocage pendant la marche (9,5%). Les deux études suivantes, réalisées avec 121 patients incluant les 89 de la première étude, ont permis de mettre en évidence que les patients étaient significativement plus longs et faisaient plus d'erreurs que les participants en santé pour effectuer des AVQ. Les analyses multivariées ont révélé que, pour la majorité des tâches, les dyskinésies n'étaient pas associées à une baisse de performance, contrairement à l'instabilité posturale, au tremblement, à la rigidité et au déclin cognitif. D'autre part, les dyskinésies n'étaient pas corrélées avec l'engagement des patients dans des AVQ, les activités affectées, et la QdV. En revanche, le tremblement, l'instabilité posturale et la dépression étaient significativement corrélés avec ces variables et comptaient pour 34%, 36% et 18% de leurs variances respectives. Conclusion. Ces trois études démontrent que les symptômes cardinaux de la maladie de Parkinson restent présents lorsque les patients ont des dyskinésies à peak-dose, que ces symptômes cardinaux sont plus prédicteurs d'échec que les dyskinésies pour l'exécution d'AVQ, et qu'ils ont plus d'influence sur la QdV et la participation des patients. _____________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : Maladie de Parkinson, Dyskinésies induites par la médication, Activités de la vie quotidienne, Qualité de vie

Type: Thèse ou essai doctoral accepté ()
Informations complémentaires: La thèse a été numérisée telle que transmise par l'auteur.
Directeur de thèse: Duval, Christian
Mots-clés ou Sujets: Maladie de Parkinson / Effets secondaires des médicaments / Dyskinésies / Activité motrice / Activités de la vie quotidienne / Qualité de la vie
Unité d'appartenance: Faculté des sciences > Département des sciences biologiques
Déposé par: Service des bibliothèques
Date de dépôt: 04 juin 2019 12:14
Dernière modification: 04 juin 2019 12:14
Adresse URL : http://archipel.uqam.ca/id/eprint/12541

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