Les membres fantômes : donner la forme d'un livre à une disparition

Huyghebaert, Céline (2018). « Les membres fantômes : donner la forme d'un livre à une disparition » Thèse. Montréal (Québec, Canada), Université du Québec à Montréal, Doctorat en études et pratiques des arts.

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Résumé

Il y a un ancrage biographique derrière chaque questionnement intellectuel. Bientôt, j’aurai l’âge que mon père avait quand il est mort. C’est peut-être la raison pour laquelle sa disparition m’a tant préoccupée ces dernières années. Les questions que soulève cette thèse partent de cette obsession. À partir d’elle, j’ai construit une réflexion sur le montage comme une narration qui donne forme à la disparition et aux mouvements de la mémoire. Le terme de disparition ne doit pas être compris comme un euphémisme de « mort ». Je l’ai choisi parce qu’il englobe non seulement le fait de mourir, mais aussi le processus par lequel une existence s’efface : la disparition de la personne derrière le corps mort, puis celle du corps enterré ou incinéré, la dissolution des objets qui lui ont appartenu, la fossilisation des souvenirs, et le silence qui peu à peu enrobe le mort. C’est sans parler de ce qui a toujours été invisible, même au temps où la personne existait. Il y a aussi toutes les petites démissions qui l’ont fait un peu disparaître de son vivant. L’alcoolisme est une forme de disparition en soi. Quand le mort n’est « personne », cette disparition est plus systématique encore. Ces différentes modalités de la disparition soulèvent de nombreux questionnements. Comment s’intéresser à ce que le document d’archive ne dit pas : ce que des entrevues, des archives municipales, des photographies ne font pas ressurgir, ce qui ne survit pas au temps qui passe dans le discours commémoratif ? Et comment témoigner de ce qui a disparu ? De quoi témoigne-t-on alors ? De tout ce qui n’a pas été digne d’une mémorisation officielle et collective ? Et pour qui ? À ces questions — savoir qui est le témoin, de quoi peut-il être le témoin, comment et à qui s’adresse-t-il —, j’ai voulu répondre en trouvant une forme de mise en récit qui ne soit pas une reconstitution de l’événement perdu, mais une réflexion sur ce qui a totalement disparu et, pourtant, continue de parler, d’imprimer des traces au présent. Ma thèse propose alors d’aborder le montage comme une forme qui permet de matérialiser ces silences, ces omissions et ces refoulements, et de restituer une mémoire fragmentaire, mobile, anachronique. Je l’ai écrite depuis une posture plurielle qui ne distingue pas de frontières franches entre recherche et art, fiction et document, littérature et arts visuels. Les œuvres qui composent cette thèse création sont au nombre de deux. Il s’agit d’un livre autoédité — le drap blanc (2017) — accompagné d’un prélude, ainsi que d’une exposition qui a servi d’espace de monstration et de diffusion au livre : comme tout le monde, les choses mortes (Fonderie Darling, Montréal, 2017). Dans ces œuvres, j’ai cherché par quels moyens textuels, visuels et formels je pouvais évoquer les oublis et les silences que les archives n’enregistrent pas. ___________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : disparition, montage, témoignage, deuil, publication autoéditée, livre d’artiste, fanzine, arts visuels et littérature, roman d’artiste, relation texte/image, livre exposé.

Type: Thèse ou essai doctoral accepté ()
Informations complémentaires: La thèse a été numérisée telle que transmise par l'auteur.
Directeur de thèse: Benichou, Anne
Mots-clés ou Sujets: Livres d'artistes / Montage (Arts) / Art et littérature / Mémoire dans l'art / Deuil dans l'art / Personnes disparues dans l'art / Mémoires et thèses de création
Unité d'appartenance: Faculté des arts
Déposé par: Service des bibliothèques
Date de dépôt: 21 févr. 2019 14:23
Dernière modification: 21 févr. 2019 14:23
Adresse URL : http://archipel.uqam.ca/id/eprint/12261

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