La génération numérique à l'heure de la nouvelle économie

Ellefsen-Lavoie, Bjenk (2007). « La génération numérique à l'heure de la nouvelle économie » Thèse. Montréal (Québec, Canada), Université du Québec à Montréal, Doctorat en sociologie.

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Résumé

Cette thèse porte sur l’insertion professionnelle des jeunes québécois associés à la génération numérique dans la nouvelle économie représentée par les secteurs des biotechnologies, de l’informatique et du multimédia. Les jeunes sélectionnés ont été choisis parmi des listes d’étudiants des collèges et universités du Québec inscrits entre 1996 et 2001. Cette thèse explore les conditions d’insertion professionnelle des jeunes dans la nouvelle économie. De fait, que représente l’insertion de jeunes qui gravitent dans des secteurs économiques de pointe dans un contexte de société du savoir et de l’information ? Dans quelles conditions se réalise-t-elle en lien avec la scolarité obtenue dans le cadre d’une précarisation croissante du travail ? Quelles ont été les compétences ou les qualifications qui ont été exigées d’eux ? Les jeunes de la génération numérique s’insèrent-ils dans des emplois caractérisés par des environnements de travail expressifs et conviviaux qui favorisent la réalisation de soi comme l’ont prétendu plusieurs auteurs ? Nous avons, dans un premier temps, lancé un sondage en ligne afin d’établir un profil de nos répondants au moyen de données quantitatives. Le sondage a ensuite permis de réaliser un échantillon d’entrevues de jeunes de la génération numérique qui travaillent dans la nouvelle économie. Nous avons analysé 107 entretiens en nous inspirant des récits d’insertion de Demazière et Dubar (1997), ainsi que de la théorisation ancrée de Barney Glaser (1998). Nous avons également eu recours à un logiciel tout à fait adapté à l’analyse de type « théorie ancrée » : Atlas.ti. En effet, ce logiciel épouse plus fidèlement, avec les outils qu’il offre, les procédés de la théorie ancrée. Nous jetons un éclairage nouveau sur l’entrée dans le marché du travail d’une nouvelle génération de jeunes, soit la génération numérique dans un contexte de fortes mutations du travail que nous avons associé à la nouvelle économie. On constate à cet égard, que les entreprises de la nouvelle économie exigent des « compétences » qui s’incarnent dans les qualités individuelles des membres de la génération numérique plutôt que de reposer sur les qualifications de l’emploi. En effet, les employeurs désireux de recruter la génération numérique tendent à mettre au premier plan le savoir-être, c’est-à-dire les qualités personnelles, sociales et relationnelles plutôt que de rechercher des savoirs spécialisés en vue de combler des postes en leur sein. L’insertion dans la nouvelle économie de la génération numérique est composée de plusieurs emplois à court terme et d’une grande mobilité tout en révélant des situations et des trajectoires très variées. La flexibilité que doit affronter la génération numérique exprime une tendance lourde qui teinte l’insertion professionnelle des couleurs du nomadisme et de l’individualisation du travail. Dans ce contexte, le travail de la génération numérique s’effectue au gré d’emplois précaires qui confinent nos interlocuteurs à des situations en emploi temporaires où l’association avec l’entreprise et les collègues de travail a quelque chose d’éphémère. Sous cette optique, les jeunes de la génération numérique ont nettement préféré négocier seul en face à face avec l’employeur les conditions de travail en refusant toute association avec un syndicat. Le nomadisme et l’individualisation qui caractérisent leur insertion n’est donc pas propice au développement de liens à longs terme. Ils ne sont pas enclins à développer un « esprit collectif » susceptible de générer l’engagement. Selon nous, la nouvelle économie, plutôt que de favoriser des emplois expressifs marqués par la collaboration et la convivialité sont plutôt l’objet d’une « désaffiliation », un déficit de loyauté marqué par l’indifférence et le court terme. La collaboration ainsi que le travail ludique et expressif décrits par nombres d’auteurs ne se concrétisent donc pas en bout de ligne avec les membres de la génération numérique qui ont participé à l’étude. Le travail décrit comme « coopératif » dans la nouvelle économie est mis en échec par des relations marquées par l’individualisation et le court terme au travail. Si dans un premier temps, la flexibilité, mais également l’individualisation du travail et le nomadisme dans la nouvelle économie sont porteurs d’attentes de réalisation de soi dans l’esprit de la génération numérique, il demeure qu’en dernière instance ces mêmes attentes s’affrontent à une précarité qui peut présenter des risques non négligeables pour l’insertion à plus long terme. ____________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : Jeunes - Insertion - Travail - Nouvelle économie - Société du savoir - Informationnalisme – Individualisation

Type: Thèse ou essai doctoral accepté ()
Informations complémentaires: La thèse a été numérisée telle que transmise par l'auteur.
Directeur de thèse: Fontan, Jean-Marc
Mots-clés ou Sujets: Conditions de travail / Économie du savoir / Insertion professionnelle / Jeune adulte / Société de l'information / Québec (Province)
Unité d'appartenance: Faculté des sciences humaines > Département de sociologie
Déposé par: Service des bibliothèques
Date de dépôt: 11 janv. 2019 09:31
Dernière modification: 11 janv. 2019 09:31
Adresse URL : http://archipel.uqam.ca/id/eprint/12059

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