Étude des difficultés en orthographe lexicale chez les élèves dysphasiques : une fenêtre sur les habiletés langagières et les fonctions exécutives

Godin, Marie-Pier (2018). « Étude des difficultés en orthographe lexicale chez les élèves dysphasiques : une fenêtre sur les habiletés langagières et les fonctions exécutives » Thèse. Montréal (Québec, Canada), Université du Québec à Montréal, Doctorat en éducation.

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Résumé

L’apprentissage de l’orthographe lexicale requiert, notamment, de mobiliser diverses habiletés langagières et fonctions exécutives. Les élèves ayant une dysphasie (aussi appelée trouble développemental du langage) sont hautement à risque de présenter des difficultés en orthographe lexicale en raison, entre autres, de leurs faibles habiletés langagières et de leurs fonctions exécutives bien souvent limitées. Pourtant, cet apprentissage demeure peu étudié chez cette population. Cette thèse a donc pour objectif de décrire les erreurs en orthographe lexicale fréquemment produites par les élèves dysphasiques et d’étudier les liens entre ces erreurs, les habiletés langagières et les fonctions exécutives, et ce, au cours d’une année scolaire. Certaines habiletés langagières (c’est-à-dire le vocabulaire réceptif, la conscience phonologique et la conscience morphologique) et fonctions exécutives (soit les capacités d’inhibition, de flexibilité cognitive et de mise à jour de la mémoire de travail) ont été évaluées auprès de 16 élèves dysphasiques (7-9 ans) et comparés à 16 normoscripteurs (7-8 ans), tous de 2e année du primaire. Pour évaluer l’orthographe lexicale, une épreuve normalisée, ainsi qu’une dictée expérimentale ont été passées à trois reprises durant une année scolaire. Une analyse fine des erreurs a permis de relever certaines erreurs fréquemment commises chez les groupes à l’étude. Ces erreurs ont été analysées au regard de trois dimensions et les résultats sont présentés au sein de trois articles scientifiques. Le premier article porte sur la dimension morphographique et les graphies dérivables par la morphologie (p. ex. : long). Les résultats montrent que, malgré leurs faibles habiletés en conscience morphologique, les élèves dysphasiques produisent un nombre similaire de graphies dérivables adéquates à celui des normoscripteurs. Ainsi, ces deux groupes ne semblent pas recourir à leurs connaissances morphologiques pour produire ces lettres inaudibles. Le deuxième article examine plus particulièrement la dimension phonographique. Les résultats montrent que les élèves dysphasiques produisent plus d’erreurs qui altèrent la structure phonologique du mot (p. ex. : chaise - *chège) que leurs pairs normoscripteurs. De plus, lorsque leurs habiletés de mise à jour de la mémoire de travail sont faibles, les élèves dysphasiques ont tendance à omettre plus fréquemment des phonèmes dans leurs productions (p. ex. : chaise - *chè). Le troisième article concerne les erreurs altérant la dimension orthographique, c’est-à-dire que les productions respectent la structure phonologique du mot, mais les graphèmes choisis sont inadéquats. Les normoscripteurs ont tendance à ajouter plus fréquemment des lettres muettes à la fin des mots dans leurs productions (p. ex. : métro - *métrot). En revanche, les élèves dysphasiques produisant une proportion plus faible d’erreurs phonographiques ont tendance à ajouter des lettres muettes en fin de mots, ce qui n’est pas le cas de ceux commettant davantage d’erreurs phonographiques. Pour conclure, une discussion générale permet d’établir des liens entre les résultats issus des trois articles de la thèse. En somme, cette recherche montre que les élèves dysphasiques présentent un retard dans l’apprentissage de l’orthographe lexicale, mais que celui-ci n’est pas homogène au sein de cette population. Des différences dans le nombre et le type d’erreurs produits sont notées entre les groupes, soit une plus grande imprécision orthographique et phonographique pour les élèves dysphasiques, et cette imprécision est d’autant plus importante lorsque les habiletés de mise à jour de la mémoire de travail sont faibles. ____________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : dysphasie ; trouble développemental du langage, orthographe lexicale, habiletés langagières, fonctions exécutives, analyse des erreurs.

Type: Thèse ou essai doctoral accepté ()
Informations complémentaires: La thèse a été numérisée telle que transmise par l'auteur.
Directeur de thèse: Gagné, Andréanne
Mots-clés ou Sujets: Dysphasie / Troubles du langage chez l'enfant / Aptitude à l'apprentissage de l'orthographe / Fautes d'orthographe / Conscience linguistique chez l'enfant / Vocabulaire / Fonctions exécutives / Difficultés en écriture
Unité d'appartenance: Faculté des sciences de l'éducation
Déposé par: Service des bibliothèques
Date de dépôt: 10 janv. 2019 08:38
Dernière modification: 10 janv. 2019 08:38
Adresse URL : http://archipel.uqam.ca/id/eprint/12051

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