Les fondements architecturaux et écologiques de l'Environmental Design aux États-Unis, 1953-1975 :les cas d'Ian L. McHarg et Lawrence Halprin

Lachance, Jonathan (2017). « Les fondements architecturaux et écologiques de l'Environmental Design aux États-Unis, 1953-1975 :les cas d'Ian L. McHarg et Lawrence Halprin » Thèse. Montréal, Québec, Université du Québec à Montréal, Doctorat en histoire de l'art.

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Résumé

Cette thèse étudie l'intersection entre Environmental Design et écologie aux États-Unis entre 1953 et 1975. Elle part d'une réflexion sur le statut actuel de l'Environmental Design dans la culture architecturale nord-américaine et sur les liens ambigus qu'elle entretient avec les sciences naturelles, la pensée environnementaliste et le développement durable. La thèse propose de combler un vide historiographique en retraçant les origines de l'Environmental Design dans les années 1950 et en examinant l'apport de l'architecture du paysage aux discours sur cette discipline par l'entremise de deux acteurs emblématiques qui ont théorisé son intersection avec l'écologie aussi tôt que dans les années 1960. Le premier chapitre étudie les origines et les premiers développements de l'Environmental Design aux États-Unis dans les décennies d'après-guerre. Il situe d'abord ses racines dans l'approche promue en 1953 par Serge Chermayeff à la Graduate School of Design (GSD) de l'Université Harvard, puis il examine le développement de la discipline à l'Université de la Californie à Berkeley au sein du College of Environmental Design (CED) créé en 1959 par William W. Wurster. Après Harvard et Berkeley, l'Environmental Design se développe en trois champs de recherche singuliers : les Design Methods and Theories, les Manenvironment Relations et le contrôle des environnements intérieurs. Au milieu des années 1960, la nouvelle discipline est graduellement institutionnalisée et de nouveaux programmes éducatifs en Environmental Design apparaissent dans plusieurs collèges et universités américaines. On retrouve également des tentatives de faire la synthèse de la nouvelle discipline notamment à travers l'Environmental Design Research Association (EDRA) créée en 1969. Pendant cette période, rares sont ceux qui ont démontré un engagement soutenu envers les préoccupations des environnementalistes et qui ont tenté d'élargir à la fois la portée intellectuelle de l 'Environmental Design par la recherche en sciences naturelles et la portée physique de la nouvelle discipline vers la région, le continent et la planète en entier. Il existe cependant des designers qui ont manifesté ces intérêts dès le début de la décennie : les architectes du paysage Ian L. McHarg et Lawrence Halprin. L'introduction de l'écologie dans le domaine du design leur permet de produire des théories unifiées du design et des sciences qui incluent une nouvelle vision du monde bâti en harmonie avec les processus évolutifs et les qualités naturelles des sites occupés, une méthode relationnelle pour documenter ces forces contextuelles et les traduire en une forme adaptée, et une dimension éthique visant à façonner la conscience environnementale des designers de leur temps. Ce qui caractérise l'intersection qui s'opère entre Environmental Design et écologie dans les années 1960 est à la fois de nature littérale, marquée par la collaboration explicite des architectes du paysage avec les experts du domaine des sciences naturelles pour une meilleure connaissance des sites, et de nature métaphorique, ces designers cherchant dans ces sciences de nouveaux analogues pouvant servir de modèles pour l'architecture dans le monde d'après-guerre. McHarg et Halprin ont une conception différente de l'analogie avec les processus naturels et leurs propositions représentent deux facettes distinctes de la recherche en Environmental Design, dans les années 1960, mais ils poursuivent le même but : résoudre à la fois les problèmes environnementaux décriés par les écologistes de l'époque et les problèmes propres au domaine de l'architecture et de l'urbanisme moderne. En prolongement des théories fonctionnalistes d'avant-guerre, ils proposent tous les deux de donner à l'architecte du paysage la responsabilité de réformer l'architecture comme « profession » en lui attribuant un mandat social et environnemental élargi, et l'architecture comme « discipline » en remplaçant l'opposition générique forme/fonction par une nouvelle dialectique objet/processus. Ces projets théoriques originaux et ambitieux sont d'une grande pertinence pour la recherche et la pratique contemporaine en Environmental Design. Ils viennent non seulement complexifier l'historiographie de l'architecture moderne en ajoutant à la connaissance que nous possédons de l'état de la théorie architecturale anglosaxonne des années 1960; ils peuvent aussi servir de base de réflexion pour les chercheurs qui étudient aujourd'hui l'Environmental Design et qui se questionnent sur ses liens avec le domaine de l'architecture et de l'urbanisme durable. ___________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : Environmental Design, design de l'environnement, architecture, architecture du paysage, urbanisme, écologie, environnementalisme, Serge Chermayeff, William W. Wurster, Ian L. McHarg, Lawrence Halprin, analogie, adaptation, processus.

Type: Thèse ou essai doctoral accepté ()
Informations complémentaires: La thèse a été numérisée telle que transmise par l'auteur.
Directeur de thèse: Martin, Louis
Mots-clés ou Sujets: Design de l'environnement -- États-Unis -- Histoire / Architecture -- Aspect de l'environnement / Architecture du paysage / Écologie / Environnementalisme / Urbanisme durable / Ian L. McHarg / Lawrence Halprin
Unité d'appartenance: Faculté des arts > Département d'histoire de l'art
Déposé par: Service des bibliothèques
Date de dépôt: 10 nov. 2017 11:53
Dernière modification: 10 nov. 2017 11:53
Adresse URL : http://archipel.uqam.ca/id/eprint/10598

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