L'emploi de la culture matérielle dans l'art contemporain : le rassemblement d'objets comme modalité de création

Bélisle, Julie (2015). « L'emploi de la culture matérielle dans l'art contemporain : le rassemblement d'objets comme modalité de création » Thèse. Montréal (Québec, Canada), Université du Québec à Montréal, Doctorat en histoire de l'art.

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Résumé

Cette thèse porte sur l'emploi de la culture matérielle dans l'art contemporain et se penche plus particulièrement sur les œuvres qui prennent la forme de rassemblements d'objets produits industriellement et d'usages courants. Pour comprendre les pratiques artistiques qui récupèrent et utilisent la culture matérielle liée à la société actuelle, nous revisitons l'histoire de l'art du XXe siècle en analysant les pratiques qui font usage des biens courants en dehors de la stratégie du ready-made, de manière à les voir comme un topoï qui aura marqué l'art depuis plus d'un siècle. Nous examinons par la suite ce phénomène à travers des études de cas faisant usage de différents types de matériaux (les objets neufs et achetés dans les grandes surfaces; les objets récupérés et de seconde main; les objets trouvés suite à des enquêtes et lors de fouilles). Dès l'introduction le sujet est situé par une mise en contexte du phénomène actuel de la consommation et esquisse les grandes lignes de la production de masse des biens suite à la Deuxième Guerre mondiale. Ce portrait global permet d'établir comment un surplus d'articles et d'objets a progressivement été généré et a pu conduire à des pratiques de réutilisation, amenant la création d'œuvres à partir de la culture matérielle. Un sujet important qui, néanmoins, n'a pas été traité comme tel et n'a ni fait l'objet d'une recherche poussée. Pour pallier à cette absence de fondements théoriques sur les pratiques artistiques faisant de l'emploi de la culture matérielle leur principale stratégie de création, l'approche développée prend appui sur le champ des études de la culture matérielle et l'anthropologie de la consommation. Dans le premier chapitre, nous rappelons une histoire de l'art des artistes et des mouvements qui ont fait de la culture matérielle leur principal matériau, en prenant pour point de référence les œuvres qui font état de l'insertion d'objets prélevés dans la sphère domestique. Une histoire qui débute avec la période des avant-gardes historiques et qui revisite les premiers papiers collés cubistes, Dada et le surréalisme en examinant notamment les photomontages et la juxtaposition d'éléments hétéroclites, de même que les expositions collectives. Nous passons ainsi des images aux objets, une transition qui s'opère pleinement avec l'arrivée de l'assemblage dans les années 1940, et que poursuivent les néo-dadaïstes de même que les artistes qui développent des environnements. Alors qu'à compter de 1960, il y a des affinités entre certains types de démarches artistiques, mais sans pour autant que se développent des mouvements et des écoles. Ce sont davantage des tendances qui sont identifiées et relevées dans l'utilisation de la culture matérielle et qui amènent des productions toutes plus singulières les unes des autres dont celles liées aux musées d'artistes, aux inventaires et aux installations qui rendent compte de différents modes d'appropriation des objets. Les trois autres chapitres sont consacrés à des études de cas et chacun traite d'un type d'objets en particulier, afin de signaler différents modes d'acquisitions et approches dans l'emploi de la culture matérielle par les artistes. Ainsi, le chapitre 2 examine l'infrastructure commerciale actuelle et aborde l'intégration de matériaux neufs et de biens de consommation qui sortent directement des grandes surfaces en prenant pour cas de figure Thomas Hirschhom et Sarah Sze. Le chapitre 3 pour sa part se concentre sur les pratiques de la récupération associées à l'économie informelle des objets de seconde main avec notamment Claudie Gagnon et Ilya Kabakov, deux artistes qui ont abondamment recours aux matériaux usés et qui cherchent des articles domestiques qui font état de leur « vie antérieure ». Le chapitre 4 aborde pour sa part, le cas des matériaux trouvés ou donnés suite à des recherches, notamment en étudiant les pratiques de Mark Dion et de Raphaëlle de Groot, le processus de collecte d'objets devenant chez ces artistes source de création. La recherche démontre la récurrence de l'utilisation de la culture matérielle dans les pratiques artistiques et combien les figures de l'excès ont marqué son usage. Elle indique également comment les objets employés par les artistes sont en lien avec des modes d'acquisition et d'appropriation distincts, de façon à transposer les significations antérieures de leur cycle fonctionnel. Une attention est ainsi apportée à l'usage que font les artistes d'objets qu'ils n'ont pas fabriqués eux-mêmes et qui n'ont pas été fabriqués à leur demande par quelqu'un d'autre. Ceci permet de rapprocher l'appropriation artistique des biens d'origine industrielle au phénomène de la consommation lui-même et de démontrer comment les objets sont cannibalisés par ce passage dans la sphère artistique. ______________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : art contemporain, culture matérielle, consommation, objets, collecte, récupération, objets de seconde main, matériaux trouvés, articles neufs

Type: Thèse ou essai doctoral accepté ()
Informations complémentaires: La thèse a été numérisée telle que transmise par l'auteur.
Directeur de thèse: Lacroix, Laurier
Mots-clés ou Sujets: Culture matérielle dans l'art / Objet dans l'art / Biens de consommation dans l'art / Objets trouvés / Art -- 20e siècle
Unité d'appartenance: Faculté des arts > Département d'histoire de l'art
Déposé par: Service des bibliothèques
Date de dépôt: 18 oct. 2017 12:54
Dernière modification: 18 oct. 2017 12:54
Adresse URL : http://archipel.uqam.ca/id/eprint/10541

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