Étude du lien entre le degré de sécurité de l'attachement, les stratégies comportementales de régulation émotionnelle et les symptômes de stress post-traumatique chez l'adulte

Benoit, Maryse (2006). « Étude du lien entre le degré de sécurité de l'attachement, les stratégies comportementales de régulation émotionnelle et les symptômes de stress post-traumatique chez l'adulte » Thèse. Montréal (Québec, Canada), Université du Québec à Montréal, Doctorat en psychologie.

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Résumé

Les différences individuelles importantes dans l'adaptation psychosociale suite à un événement traumatique portent à s'interroger sur les facteurs de vulnérabilité et de résilience impliqués dans l'adaptation au stress. Des chercheurs suggèrent que la conduite qu'adopte un individu face à son expérience émotionnelle joue un rôle crucial dans l'intégration du trauma et dans le développement d'un trouble de stress post-traumatique chronique (McFarlane et Yehuda, 1996; Schore, 2002). Des études montrent que les stratégies de régulation des émotions orientées sur différentes formes d'évitement émotionnel sont associées à plus de symptômes de stress post-traumatique que les stratégies orientées sur la recherche de support social et l'expression des émotions (Ehlers, Mayou et Bryant, 1998; Bryant, Moulds et Guthrie, 2001; Vlahov et al., 2004; Solomon Mikulincer et Arad, 1991). Les facteurs prédisposant un individu vers l'une ou l'autre de ces conduites demeurent cependant inconnus. La théorie de l'attachement offre un cadre conceptuel novateur pour comprendre les différences individuelles dans la régulation émotionnelle suite à un trauma en postulant qu'un modèle d'attachement sécurisé est associé à l'utilisation de stratégies de régulation des émotions plus optimales face au stress (Bowlby, 1980, Sroufe et al., 1999). Si quelques études issues de la psychologie sociale ont montré un lien entre la sécurité de l'attachement et l'adaptation post-traumatique (Mikulincer, Florian et Weiler, 1993; Solomon et al., 1998, Dieperink et al., 2001), aucune étude n'a vérifié simultanément le lien entre l'attachement, la régulation émotionnelle et la symptomatologie de stress post-traumatique dans la perspective de la théorie du développement. La présente étude a comblé cette lacune en examinant d'une part la relation entre le degré de sécurité de l'attachement et les symptômes suite à un trauma, et en vérifiant d'autre part si cette relation est médiatisée par les stratégies comportementales de régulation émotionnelle. L'étude a été conduite auprès de 36 participants adultes recrutés dans deux centres de traumatologie de Montréal suite à un accident grave ou une agression. Les données ont été recueillies à un mois, deux mois et trois mois post-trauma par l'intermédiaire de questionnaires et d'entrevues semi-structurées. La symptomatologie de stress post-traumatique a été évaluée en fonction de la quantité de symptômes et de leur persistance dans le temps. Les résultats d'analyses corrélationnelles ont montré qu'un degré plus élevé de sécurité de l'attachement est associé à moins de symptômes d'évitement et d'hypervigilance à un mois et trois mois post-trauma, et à moins de symptômes d'intrusion à trois mois post-trauma. Ce résultat est en accord avec un modèle selon lequel la sécurité de l'attachement jouerait un rôle non pas sur la présence initiale des intrusions, considérées comme des réactions normales et nécessaires à l'intégration de l'expérience traumatique (Horowitz, 1978), mais plutôt sur la gestion des intrusions et des émotions associées, ce qui aurait un impact à plus long terme sur tout le tableau symptomatique. Les résultats des analyses de régression hiérarchiques confirment la présence d'un modèle de médiation où les stratégies de régulation orientées sur les émotions négatives (ruminations, blâme, auto-critique) et la consommation de substances expliquent partiellement la relation observée entre le degré de sécurité de l'attachement et les symptômes de stress post-traumatiques. Bien que ces résultats ne permettent pas d'établir des liens de causalité, ils sont néanmoins en partie cohérents avec un modèle selon lequel un degré moins élevé de sécurité de l'attachement est associé à l'utilisation de stratégies moins optimales pour gérer les émotions suscitées par les intrusions, ce qui aurait pour conséquence d'entraver l'intégration du trauma et de favoriser le maintien des symptômes. Dans cette optique, l'insécurité de l'attachement pourrait constituer un facteur de vulnérabilité au développement du trouble de stress post-traumatique. Cette étude offre un premier appui empirique à un modèle explicatif des facteurs de risque et de résilience impliqués dans la symptomatologie post-traumatique selon l'approche développementale de la théorie de l'attachement et permet d'approfondir les connaissances sur l'importante question des différences individuelles impliquées dans le développement de la psychopathologie. ______________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : Attachement, psychologie du développement, trauma, symptômes de stress post-traumatique, stratégies comportementales de régulation des émotions.

Type: Thèse ou essai doctoral accepté ()
Informations complémentaires: La thèse a été numérisée telle que transmise par l'auteur.
Directeur de thèse: Moss, Ellen
Mots-clés ou Sujets: Adaptation psychologique / Adulte / Attachement / Développement de la personnalité / Névrose post-traumatique / Régulation (Psychologie)
Unité d'appartenance: Faculté des sciences humaines > Département de psychologie
Déposé par: Service des bibliothèques
Date de dépôt: 20 sept. 2017 07:14
Dernière modification: 20 sept. 2017 07:14
Adresse URL : http://archipel.uqam.ca/id/eprint/10044

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