Riccardi, Maria
(2026).
« Phénoménologie de l'expérience artistique des jeunes au secondaire : la classe d'accueil comme lieu habité » Thèse.
Montréal (Québec), Université du Québec à Montréal, Doctorat en psychologie.
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Résumé
L’école représente le premier lieu d’accueil institutionnel pour les jeunes personnes nouvellement arrivées au Québec et joue un rôle clé dans leur développement. Cette recherche explore comment la réécriture de leur histoire, par le biais des mots et des images, peut soutenir le dévoilement identitaire. Dans ce cadre, neuf ateliers d’art-thérapie ont été proposés à dix-sept jeunes personnes venant de la classe d’accueil, ainsi qu’à leur enseignante et à leur éducatrice spécialisée. Inspirés du Continuum des thérapies expressives (CTE), ces ateliers ont été offerts par deux art-thérapeutes et la chercheuse en tant que participante-observatrice et s’inscrivent dans une approche humaniste favorisant la réciprocité, la créativité et l’ouverture à l’autre. Ce projet s’appuie sur un devis de recherche qualitative visant à approfondir la compréhension du développement artistique de ces jeunes dans le contexte particulier de la classe d’accueil. Deux volets structurent la démarche : la mise en oeuvre des ateliers, suivie d’entretiens semi-dirigés. Une perspective phénoménologique a guidé l’analyse du vécu des jeunes et des adultes participantes aux ateliers, enrichie par un processus réflexif soutenu par le journal de bord de la chercheuse. Deux articles scientifiques sont issus du projet de recherche. Le premier article s’appuie sur une analyse phénoménologique interprétative (API) des entretiens réalisés avec les jeunes. À travers leurs créations artistiques et les échanges en groupe, ces derniers ont pu se livrer et explorer de nouvelles expériences, cartographier leur vécu, cocréer un monde partagé et réimaginer les possibles. Dans ce cadre, les jeunes ont découvert leur pouvoir d’agir et de redéfinir leurs interactions avec le monde. Le deuxième, fondé sur une approche inductive, présente l’analyse thématique réflexive (ATR) des données recueillies lors des entretiens avec les art-thérapeutes, l’enseignante et l’éducatrice spécialisée, ainsi qu’à partir des notes de terrain de la chercheuse. Les thèmes dégagés montrent que les ateliers ont constitué un espace émancipateur, un terrain de jeu transitionnel et un lieu d’intersubjectivité. Les résultats soulignent le potentiel du CTE pour soutenir les personnes adolescentes réfugiées et immigrantes dans le partage de leur histoire au sein d’un cadre collaboratif. Il montre aussi que les ateliers et le vernissage ont permis aux jeunes de construire un espace écosystémique de résonance, offrant un cadre pour mieux comprendre la perception de soi et d’autrui, parfois altérée par la souffrance, ainsi que des ancrages favorisant l’adaptation au monde externe. Enfin, la chercheuse a volontairement quitté une posture positiviste pour adopter une attitude de jeu et de présence, lui permettant de faire émerger les données sous forme de tableaux sensibles composés de sons, d’allégories, de lieux, de continuités et de ruptures temporelles. Ce corpus riche et poétique témoigne de la pertinence d’intégrer les arts comme leviers de santé publique et de mieux-être en contexte scolaire. Dans le contexte québécois, l’école se révèle ainsi comme un espace stratégique de rapprochement interculturel entre les jeunes, les familles, les institutions et la communauté.
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MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : art-thérapie, Continuum des thérapies expressives, adolescent*, interculturel, phénoménologie, classe d’accueil