Gingras, Francis (2026). « L'influence de la culture sur le traitement visuel de bas niveau lors de la perception de visages, de scènes et d'objets » Thèse. Montréal (Québec, Canada), Université du Québec à Montréal, Doctorat en psychologie.
Fichier(s) associé(s) à ce document :|
PDF
Télécharger (4MB) |
Résumé
La perception visuelle a longtemps été considérée comme un ensemble de processus universels et biologiquement déterminés. Cependant, la recherche scientifique depuis le dernier siècle démontre des différences systématiques entre les Occidentaux et Asiatiques de l’Est, révélant un biais pour la perception plus globale chez les Asiatiques dans une variété de contextes impliquant la cognition visuelle. De telles différences existent lors de la perception des visages, stimulus visuel central pour l’humain, révélant que les Asiatiques utilisent une stratégie dépendant davantage de la périphérie visuelle comparativement aux Occidentaux. Cette différence a des implications importantes sur la résolution des fréquences spatiales, un des atomes de la vision référant à la granularité de l’information visuelle, pouvant être utilisées. Les plus hautes fréquences spatiales, encodant les détails des objets, peuvent seulement être traitées en vision fovéale. Des travaux récents ont révélé que les Asiatiques de l’Est montrent bel et bien une préférence pour l’utilisation des basses fréquences spatiales, mais les origines de ces différences, ainsi que les interactions qu’elles peuvent avoir avec les autres processus visuels liés au traitement des visages, restent à explorer. En vue de mieux comprendre ces aspects, trois études ont été menées afin de préciser différents aspects reliés à ces différences. D’abord, aucune étude n’a exploré si les différences observées dans le traitement des visages sont réplicables lors de la perception d’autres stimuli visuels. La présente thèse compare l’utilisation des fréquences spatiales lors de la perception de scènes, d’objets et de visages, auprès d’un échantillon canadien et chinois (Article 1). En second lieu, les fréquences spatiales ne sont pas la seule propriété atomique des stimuli visuels; ces fréquences peuvent survenir dans toutes les orientations possibles. Ces propriétés sont toutefois rarement étudiées ensemble. Une méthode psychophysique axée sur les données, les SFO Bubbles, a été développée pour étudier simultanément les fréquences & orientations spatiales, ainsi que leur interaction (Article 2). Finalement, bien que des différences soient relevées systématiquement entre les Occidentaux et les Asiatiques, il manque de données sur d’autres groupes culturels pour proposer des théories robustes par rapport à l’origine de ces différences. La présente thèse a donc élargi la collecte de données à huit regroupements culturels aux quatre coins du monde, afin de cartographier les biais dans le traitement des fréquences et orientations spatiales (Article 3). Les résultats de la première étude ne révèlent aucune différence culturelle statistiquement significative dans l’utilisation des fréquences spatiales autant lors de la perception d’objets (Expérience 1.1) que lors de la perception de scènes (Expérience 1.2). Une troisième expérience a confirmé que les participants présentant un biais pour les plus basses fréquences dans le traitement des visages ne présentent aucun biais dans le traitement des objets (Expérience 1.3). Les résultats de la deuxième étude ont révélé que les SFO Bubbles sont suffisamment précises pour mesurer les fréquences et orientations spatiales utiles lors de la perception des visages, et permettent de concilier les résultats classiques sur l’utilisation des fréquences et orientations spatiales (Expériences 2.1 et 2.2). Cette méthode est également utilisable en ligne, contexte lors duquel les paramètres expérimentaux sont moins contrôlés (Expérience 2.3). Finalement, les résultats de la troisième étude montrent que les SFO Bubbles sont suffisamment précises pour répliquer les différences culturelles obtenues dans le traitement des fréquences spatiales, autant en laboratoire qu’en ligne (Expérience 3.1), et que le biais pour les plus basses fréquences spatiales des Asiatiques de l’Est se manifeste également en Asie du Sud ainsi qu’en Afrique du Nord et au Moyen-Orient (Expérience 3.2). Ensemble, ces trois études nous permettent de mieux orienter les efforts scientifiques pour trouver l’origine des différences culturelles dans la perception des visages. Afin de profondément comprendre ces différences, un immense travail de synthèse devra être fait pour comprendre quels facteurs culturels covarient, à travers le monde, d’une manière similaire aux stratégies perceptives utilisées pour leur traitement visuel, étant ainsi susceptibles de les expliquer. Des travaux subséquents devront également tenter de lier ces résultats aux différences culturelles observées sur d’autres percepts, afin de démystifier exactement quels mécanismes perceptifs sont influencés par des facteurs socioculturels et comment, de façon à causer ces effets sur une variété de stimuli visuels. _____________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : Perception visuelle, perception des visages, culture, fréquences & orientations spatiales, psychophysique
| Type: | Thèse ou essai doctoral accepté |
|---|---|
| Informations complémentaires: | Fichier numérique reçu en format PDF. |
| Directeur de thèse: | Blais, Caroline |
| Mots-clés ou Sujets: | Perception visuelle / Perception des visages / Cognition et culture / Traitement de l'information chez l'être humain / Psychophysique |
| Unité d'appartenance: | Faculté des sciences humaines > Département de psychologie |
| Déposé par: | Service des bibliothèques |
| Date de dépôt: | 27 oct. 2026 09:59 |
| Dernière modification: | 27 oct. 2026 09:59 |
| Adresse URL : | https://archipel.uqam.ca/secure/id/eprint/20450 |
| Modifier les métadonnées (propriétaire du document) |
Statistiques |

