Remise en question du compromis et du procès de travail fordiste et contrôle des travailleurs sur l'organisation du travail à l'usine Uniroyal et Servaas de Ville d'Anjou : 1972-1985

Dumais, Simon (1990). « Remise en question du compromis et du procès de travail fordiste et contrôle des travailleurs sur l'organisation du travail à l'usine Uniroyal et Servaas de Ville d'Anjou : 1972-1985 » Mémoire. Montréal (Québec, Canada), Université du Québec à Montréal, Maîtrise en science politique.

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Résumé

Dans le cadre de ce mémoire, il sera question d’un conflit ouvrier : la lutte entreprise par les travailleurs et le syndicat CSN de l’usine UNIROYAL et SERVAAS de Ville d'Anjou de 1972 à 1985. 13 années de luttes où la résistance et l'offensive des ouvriers transforment le modèle traditionnel des relations de travail à l'usine. A la lecture des événements, nous partons de l'hypothèse que ce conflit s'inscrit dans une lutte contre les aspects les plus fondamentaux d’un rapport social dominant, le rapport salarial fordiste. Ce même conflit établit aussi les bases du contrôle de l'organisation du travail par les ouvriers de l’usine UNIROYAL et SERVAAS. En somme, cette pratique de lutte se veut la concrétisation de nouveaux rapports sociaux dans l'entreprise. Par une enquête sur le terrain, notre attention sera portée à rendre compte de cette pratique ouvrière à l'usine. À travers leur langage spontané, les ouvriers nous révèlent le sens politique de leur lutte et leur désir d'établir, à l'usine, de nouveaux rapports sociaux. L'analyse de ce mouvement de résistance et d’offensive nécessite une périodisation du conflit à UNIROYAL et SERVAAS. De 1967 à 1972, le rapport de forces est marqué par une reproduction du rapport social dominant. Dès 1972 et jusqu'en 1979, nous assistons non seulement à plusieurs ruptures, mais aussi à l'embryon de nouveaux rapports sociaux à l'usine. Enfin, la période de 1979 à 1985, sera celle d’une véritable pratique de contrôle de l'organisation du travail par les ouvriers. La lutte qui a été menée par les travailleurs et le syndicat CSN de l'usine de Ville d'Anjou s'inscrit directement dans les luttes ouvrières qui se sont intensifiées au cours des années 70 dans les pays capitalistes avancés. Au Québec, particulièrement, cette intensification des luttes est en partie le fait du syndicalisme de combat. Celui-ci vise à l’établissement d'un réel rapport de forces quotidien dans l'usine et ses objectifs sont de faire reculer les droits de gérance des patrons et de négocier sur le tas de nouvelles conditions de travail. À UNIROYAL et à SERVAAS, les travailleurs et le syndicat renouent avec une forme de lutte préconisée par les courants de l’anarcho-syndicalisme et du syndicalisme révolutionnaire : l’action directe. Grèves spontanées, ralentissement de travail, sabotage de la production, campagne de boycottage, occupations d'usine identifient l’opération de rupture par rapport à ce qui se trame dans l'usine. Dans ce cadre, nous emploierons la notion de syndicalisme d'action directe car, les expressions d'anarcho-syndicalisme et de syndicalisme révolutionnaire sont beaucoup trop idéologiques et polémiques.

Type: Mémoire accepté
Informations complémentaires: Le mémoire a été numérisé tel que transmis par l'auteur.
Directeur de thèse: Piotte, Jean-Marc
Mots-clés ou Sujets: Conflits du travail / Uniroyal Limited / CSN / Action directe / Organisation du travail / Travailleurs / Usines / Anjou (Montréal, Québec) / 20e siècle
Unité d'appartenance: Faculté de science politique et de droit > Département de science politique
Déposé par: Service des bibliothèques
Date de dépôt: 14 oct. 2026 15:29
Dernière modification: 14 oct. 2026 15:29
Adresse URL : https://archipel.uqam.ca/secure/id/eprint/20412

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