L'effet des perceptions issues de l'expérience utilisateur sur l'adoption d'une application de santé mentale

Kahboub, Hafsa Amina (2026). « L'effet des perceptions issues de l'expérience utilisateur sur l'adoption d'une application de santé mentale » Mémoire. Montréal (Québec, Canada), Université du Québec à Montréal, Maîtrise ès sciences de la gestion.

Fichier(s) associé(s) à ce document :
[img]
Prévisualisation
PDF
Télécharger (15MB)

Résumé

À l’échelle mondiale, plus d’un milliard de personnes vivent avec un trouble de santé mentale (OMS, 2021), et au Canada, une personne sur cinq en éprouve un au cours d’une année (Centre for Addiction and Mental Health, 2022). Au Québec, les délais pour obtenir un premier rendez-vous en psychologie dans le réseau public oscillent entre six et vingt-quatre mois, laissant des dizaines de milliers de personnes en attente de services spécialisés (Canadian Mental Health Association, 2024). Ce contexte critique alimente l’intérêt pour les applications de santé mentale, reconnues pour leur potentiel à améliorer l’accessibilité et la continuité des soins. Toutefois, leur adoption demeure limitée, et peu de recherches examinent les facteurs favorisant cette adoption, en particulier dans le contexte québécois. Si plusieurs travaux ont examiné l’adoption des applications de santé mentale, ils mobilisent principalement les modèles Technology Acceptance Model (TAM) et Unified Theory of Acceptance and Use of Technology (UTAUT), centrés sur des dimensions essentiellement cognitives du comportement d’usage. Ces approches laissent souvent en arrière-plan l’évaluation globale de l’interaction vécue par l’utilisateur, pourtant particulièrement déterminante dans des contextes sensibles comme la santé mentale (Holden et Karsh, 2010 ; Schomakers et al., 2022 ; Alojail, 2024). L’objectif de cette étude est donc d’identifier les facteurs d’expérience utilisateur (UX) qui influencent l’adoption des applications de santé mentale, à partir d’un cadre conceptuel intégrant le TAM et l’UTAUT, enrichi par une approche UX complémentaire. Le modèle UX Honeycomb, tel que présenté par Morville et Sullenger (2010) est ainsi mobilisé comme cadre de référence permettant de structurer les perceptions issues de l’interaction, sans se substituer aux modèles d’adoption, mais en leur offrant une lecture complémentaire. L’étude repose sur une méthodologie mixte combinant des tests d’utilisabilité, des mesures d’oculométrie et des verbalisations en RTA (retrospective think-aloud), deux questionnaires administrés en pré- et post-tâches de navigation sur une application mobile de santé mentale, ainsi que des entretiens semi-dirigés. La triangulation de ces données permet d’obtenir une compréhension plus fine et nuancée de l’expérience vécue, en mettant en relation ce qui est observé pendant l’interaction, ce qui est verbalisé après la tâche et ce qui est déclaré via les échelles de perception. Les résultats montrent que l’effort perçu, lorsqu’il renvoie à la navigabilité globale et à la facilité d’interaction avec l’interface, ne constitue pas un frein direct à l’intention d’adoption. Les données d’oculométrie et la RTA précisent toutefois que certaines difficultés observées relèvent moins d’un effort de manipulation que l’intelligibilité (p. ex., comprendre la logique ou l’utilité de certaines fonctionnalités), ce qui tend à affecter davantage la performance perçue que l’effort perçu. La performance perçue et la valeur perçue apparaissent ainsi comme des leviers centraux de l’attitude et de l’intention d’utilisation, notamment lorsqu’au moins une fonctionnalité est jugée concrètement utile et mobilisable en situation réelle. L’intention d’adoption ressort toutefois comme largement conditionnée par le contexte personnel et des besoins perçus. Enfin, dans le cas des applications de santé mentale à visée thérapeutique, les résultats qualitatifs mettent en évidence que la performance fonctionnelle seule demeure insuffisante pour favoriser l’intention d’adoption lorsque l’expérience manque de dimension humaine, ce qui limite la projection dans un usage durable. _____________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : Adoption technologique, intention d’usage, Expérience Utilisateur (UX), méthodologie mixte, triangulation de données, effort perçu, performance perçue, préocupations en matière de vie privée, valeur perçue, applications mobiles de santé mentale (DMHA), oculométrie (eye-tracking), RTA.

Type: Mémoire accepté
Informations complémentaires: Fichier numérique reçu en format PDF.
Directeur de thèse: Prom-Tep, Sandrine
Mots-clés ou Sujets: Innovations technologiques / Santé mentale / Applications mobiles / Santé mobile / Utilisation / Expérience client / Adoption des innovations / Perceptions des utilisateurs
Unité d'appartenance: École des sciences de la gestion
Déposé par: Service des bibliothèques
Date de dépôt: 15 oct. 2026 13:19
Dernière modification: 15 oct. 2026 13:19
Adresse URL : https://archipel.uqam.ca/secure/id/eprint/20404

Statistiques

Voir les statistiques sur cinq ans...