Mohamed, Fatouma-Louly
(2026).
« Restituer sans décoloniser? La politique française de restitution à l'épreuve de ses contradictions » Travail dirigé.
Montréal (Québec), Université du Québec à Montréal, Maîtrise en science politique.
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Résumé
Ce travail de recherche dirigé examine la question de la restitution de biens culturels spoliés pendant la colonisation, en se focalisant sur les relations franco-africaines. Présentée comme un geste de réparation et un levier de reconfiguration des rapports asymétriques, la restitution occupe une place centrale dans les débats contemporains sur les mémoires, les héritages et l’actualité du colonialisme, dans un espace se voulant postcolonial. Cette étude interroge la portée réelle des politiques de restitution françaises vis-à-vis des États africains anciennement colonisés à partir d’une analyse critique du discours d’Emmanuel Macron à Ouagadougou en 2017. L’objectif est de saisir les dimensions stratégiques, politiques et diplomatiques qui traversent la mise à l’agenda de la restitution, et dans lesquelles s’inscrivent en réalité les discours étatiques français sur le sujet. La recherche s’articule autour de l’hypothèse selon laquelle la politique culturelle de restitution et sa mise en récit représentent le prisme par lequel la France tente de dépasser les défis dans ses relations avec l’Afrique francophone afin d’en renouveler les fondements. Ainsi, l’examen des stratégies discursives mobilisées par les institutions politiques et muséales françaises permet non seulement de mettre en lumière la manière dont le langage de la réparation et de la coopération peut coexister avec la reproduction de rapports de domination, mais également de comprendre comment le patrimoine culturel continue d’être déployé comme un outil de contrôle impérial. Dans cette perspective, la restitution apparait comme un instrument de soft power, permettant à la fois de projeter une image décoloniale de la France, tout en maintenant des logiques néocoloniales. L'examen des dynamiques entourant ces processus constitue dès lors une entrée privilégiée pour analyser des enjeux plus larges, tels que la décolonisation, la réparation et la justice historique.
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MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : restitution, patrimoine culturel, colonialisme, postcolonialisme, soft power, diplomatie culturelle