Bouyahiaoui, Lilya
(2026).
« Des récits d'interdépendances à l'heure de l'urgence écologique : une recherche collaborative » Mémoire.
Montréal (Québec, Canada), Université du Québec à Montréal, Maîtrise en communication.
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Résumé
Les récits répondent au besoin existentiel des humains en tout temps et en tous lieux de créer de la cohérence entre leur identité et leur culture et les défis individuels et collectifs auxquels ils sont confrontés. Autrement dit, les récits sont un moyen universel que les humains mobilisent soit pour maintenir une identité et une culture, soit pour les transformer et évoluer vers d’autres possibles (Bruner, 2002). Or, face aux bouleversements écologiques de notre époque où la survie des humains se joue dans les relations d’interdépendance à bénéfice réciproque entre vivants, on constate que les récits modernes sont aveugles à cette réalité d’interdépendance. Les récits collectifs de notre époque, même ceux de la transition socioécologique au Québec, pourtant fondés sur des principes de justice sociale et de respect de la nature, continuent à véhiculer une vision du monde dominatrice, essentiellement centrée sur l’agentivité humaine. L’objectif de cette recherche est d’explorer la possibilité d’autres récits moins anthropocentrés et plus en cohérence avec la réalité d’interdépendance, de collaboration et de réciprocité au fondement du renouvellement du vivant. À cette fin, est mise en récit l’expérience d’un projet de création dont l’intention était, à partir d’un lieu de vie et d’habitation, de contribuer à reconstruire les liens brisés entre nature et culture, et ce, en favorisant des dynamiques relationnelles fondées sur la collaboration et l’épanouissement réciproque entre vivants, humains et non humains. Ancrée dans une vision participative de la réalité (Heron et Reason, 1997), l’écriture de récits est une pratique performative qui fournit un lieu relationnel dans lequel il est possible non seulement de donner à voir et à sentir l’expérience vécue mais aussi de poursuivre le processus collaboratif initié durant l’expérience, et ce, en vue d’ouvrir sur quelque chose de nouveau (Richardson et St. Pierre, 2018). Plus précisément, la méthodologie s’appuie sur le cadre théorique de la pratique des communs de Bollier et Helfrich (2022). Selon ces auteurs, la pratique des communs ou commoning, incarne une manière avec laquelle les humains peuvent exprimer leurs élans à « faire commun » au sein des relations d’interdépendance au fondement des changements évolutifs du vivant. Le commoning est soutenu par un ensemble de logiques comportementales, ou patterns, qui permettent de mettre en action une éthique de réciprocité. L’analyse des données consiste dans un premier temps en une analyse thématique visant à identifier les patterns de commoning activés durant l’expérience de terrain. Dans un deuxième temps, par l’entremise d’une analyse en mode écriture, ces patterns précédemment extraits et isolés en vue de leur identification, sont remis en action afin de les recontextualiser dans l’expérience (Paillé et Mucchielli, 2021). De ce processus d’analyse en deux étapes, se dégagent ainsi des éléments de mise en récit qui permettent de rendre compte de la dynamique relationnelle particulière et située qui s’est déployée dans le contexte spécifique du projet de création. S’y racontent, entres autres, les collaborations entre vivants, la connexion confisquée au territoire ainsi que la nécessité de subvertir le numérique du rôle que lui confère le système économique actuel. Les récits élaborés sur l’expérience spécifique du projet sont des outils de communication à travers lesquels s’expérimentent et se transmettent des compétences et des savoirs particuliers en lien avec la manière dont les humains peuvent collaborer au sein des interdépendances qui sont, en définitive, les principales actrices de la transformation culturelle requise aujourd’hui pour répondre aux enjeux sociaux et écologiques. De ce fait, ces récits sont également susceptibles d’alimenter, dans d’autres contextes, des imaginaires fondés sur la réciprocité plutôt que sur la domination. Cette recherche vient éclairer certains angles morts qui ont été constatés en lien avec les récits collectifs de la transition socio-écologique au Québec. Par ailleurs, elle contribue au champ de la communication qui étudie les possibilités de transformation du comportement humain sur la base de la coévolution des relations sociales et du discours qui s’élabore sur celles-ci.
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MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : récits, interdépendance, réciprocité, collaboration, commoning, analyse en mode écriture.
| Type: |
Mémoire accepté
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| Informations complémentaires: |
Fichier numérique reçu en format PDF. |
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Directeur de thèse: |
Mahy, Isabelle |
| Mots-clés ou Sujets: |
Récit / Approche collaborative / Interdépendance / Réciprocité / Relations humains-nature / Transition socio-écologique |
| Unité d'appartenance: |
Faculté de communication |
| Déposé par: |
Service des bibliothèques
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| Date de dépôt: |
13 oct. 2026 08:22 |
| Dernière modification: |
13 oct. 2026 08:22 |
| Adresse URL : |
https://archipel.uqam.ca/secure/id/eprint/20393 |