La restitution des patrimoines culturels africains : entre spoliation historique, trafic illicite, rapports conflictuels et revendications

Diallo, Souadou (2026). « La restitution des patrimoines culturels africains : entre spoliation historique, trafic illicite, rapports conflictuels et revendications » Travail dirigé. Montréal (Québec), Université du Québec à Montréal, Maîtrise en science politique.

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Résumé

Cette étude s’interesse à la problématique de la restitution des patrimoines culturels africains en mettant en perspective les dimensions historiques, politiques et juridiques associées à la spoliation coloniale et aux revendications contemporaines de réappropriation. La spoliation s’est déroulée dans un contexte d’opérations militaires et de pillages, souvent légitimés par le droit de la guerre, et s’est parfois appuyée sur des prétextes ethnographiques, comme en témoignent de nombreux historiens et ethnographes. Les demandes de restitution ne sont pas récentes : dès 1880, l’empereur Yohannes IV d’Éthiopie réclamait déjà des objets saisis. Plus récemment, le discours délivré par Emmanuel Macron en 2017 a constitué un tournant majeur dans les discussions sur la restitution. L’intensification des revendications reflète une prise de conscience accrue des injustices coloniales, tandis que les revendications politiques africaines se sont affirmées depuis les années 1960. Ainsi, notre recherche se porte sur la nécessité de comprendre les raisons pour lesquelles la spoliation des patrimoines culturels africains durant la colonisation a eu des conséquences profondes sur l'identité et la culture du continent. Le rapport Sarr‑Savoy a mis en évidence l’ampleur des dépossessions historiques du patrimoine culturel africain et souligne la nécessité d’une meilleure connaissance des collections africaines conservées en France pour mener à bien les processus de restitution. Parallèlement, les discussions demeurent complexes, notamment en raison de la position des musées occidentaux se présentant comme « musées universels ». Sur le plan juridique, les conventions internationales présentent des limites importantes, notamment la non‑rétroactivité, le principe d’inaliénabilité et les législations nationales demeurent souvent insuffisantes pour faciliter les restitutions. Les États africains et l’Union africaine élaborent néanmoins des stratégies pour revendiquer leur patrimoine culturel. Nous postulons que l’articulation de plusieurs facteurs, tels que la complexité des cadres juridiques et éthiques, les litiges relatifs à la légitimité de la propriété, le trafic illicite et l’insuffisance de la volonté politique des États, constitue un obstacle déterminant au retour des artéfacts. Le rapatriement des restes humains des peuples autochtones constitue un volet essentiel du débat, révélant les dimensions éthiques et mémorielles de la restitution. Malgré quelques avancées, les progrès restent marginales au regard du volume d’objets conservés hors d’Afrique. _____________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : Restitution, Patrimoine culturel, Spoliation coloniale, Afrique, Revendications, Colonisation, Souveraineté culturelle, Trafic illicite, Identité culturelle, Conventions internationales, Législations nationales, Reconstruction identitaire

Type: Travail dirigé (document diplômant)
Informations complémentaires: Fichier numérique reçu en format PDF.
Directeur de thèse: Mandé, Issiaka
Mots-clés ou Sujets: Patrimoine culturel / Afrique / Restitution / Destruction et pillage / Revendications / Colonisation
Unité d'appartenance: Faculté de science politique et de droit > Département de science politique
Déposé par: Service des bibliothèques
Date de dépôt: 09 oct. 2026 10:33
Dernière modification: 09 oct. 2026 10:33
Adresse URL : https://archipel.uqam.ca/secure/id/eprint/20388

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