Chourot-Ferland, Samuel
(2026).
« Entre domination et marginalisation : le potentiel critique des masculinités intersectionnelles » Mémoire.
Montréal (Québec, Canada), Université du Québec à Montréal, Maîtrise en science politique.
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Résumé
Depuis les années 1970, le concept de genre occupe une place centrale dans le féminisme occidental, en permettant d’analyser les normes socialement imposées aux femmes et de mettre en lumière les mécanismes par lesquels leur subordination a été naturalisée au sein du patriarcat. Ces travaux ont contribué de manière décisive à la politisation de l’oppression des femmes et à la critique des conceptions essentialistes du féminin. Dans le prolongement de ces apports, les études de genre, queer et intersectionnelles ont montré que le genre ne se réduit pas aux seuls rapports sociaux de sexe, mais constitue une structure normative plus large qui organise les subjectivités, les pratiques et les positions sociales. S’inscrivant dans cette perspective, cette recherche s’intéresse à un aspect demeuré relativement peu exploré dans le féminisme institutionnel : la socialisation masculine et le fonctionnement normatif de la masculinité. Plus précisément, elle examine la manière dont le genre affecte les hommes à la fois comme groupe social dominant et comme sujets situés au sein de hiérarchies masculines différenciées, structurées notamment par la race, la sexualité et la transidentité. Mobilisant une perspective féministe poststructuraliste et intersectionnelle, cette recherche analyse comment les systèmes d'oppression imbriqués participent à la structuration de l'identité masculine et aux modalités d'adhésion au patriarcat. Les résultats montrent que la masculinité constitue une construction sociale instable, traversée par des tensions, des contradictions et des mécanismes de régulation normative, plutôt que l'expression d'un pouvoir homogène. Ils montrent également que l'étude de ces positions ambivalentes permet de mieux comprendre les mécanismes par lesquels cette adhésion se maintient, en mettant en évidence les fondements normatifs de l'identité de genre et en contribuant ainsi à dénaturaliser la domination masculine.
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MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : masculinité, genre, féminisme, patriarcat, normativité, performativité, poststructuralisme, intersectionnalité, queer, sexisme, racisme, homophobie, transphobie.