Fortin, David
(2026).
« Masculinités, féminités et antiféminisme : analyse des discours d'extrême droite dans l'hebdomadaire Valeurs Actuelles » Mémoire.
Montréal (Québec), Université du Québec à Montréal, Maîtrise en science politique.
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Résumé
L’antiféminisme est un fait de société qui prend de plus en plus d’ampleur. Il est visible en ligne comme hors ligne et autant dans les discours politiques et médiatiques que dans les discours du quotidien. Dans les dernières années, l’historienne Christine Bard a dévoilé à travers l’intersectionnalité des haines, comment l’antiféminisme n’était plus seulement un discours s’attaquant aux femmes, mais un discours holistique dans lequel racisme, sexisme, homophobie, antisémitisme et xénophobie se renforcent mutuellement. En Occident, la figure de la féministe est alors présentée comme une menace existentielle à la civilisation et à l’homme blanc. L’objectif de ce mémoire est de mieux comprendre comment l’intersectionnalité des haines structure le discours du média ultra-conservateur et traditionnaliste Valeurs actuelles. À l’aide d’une analyse de cadrage thématique, nous avons répondu à la question suivante : comment les masculinités et les féminités sont-elles définies, valorisées et mobilisées par les médias associés à l'extrême droite dans le façonnement de leur vision politique du monde et des rapports sociaux qui le constituent, et comment cela légitime les structures sociales et politiques qu’ils proposent? Nous aborderons la question au travers trois axes principaux : la complémentarité des genres, la hiérarchisation des masculinités et la hiérarchisation des féminités et des féminismes. En bref, la masculinité et la féminité sont présentés comme étant des normes fixes permettant la perpétuation de la civilisation. S’en prendre à l’un ou à l’autre revient donc à remettre en question les fondements même de la civilisation. Cela nous aura permis d’observer que l’intersectionnalité des haines permet la création d’un archétype de féminité idéal bien spécifique et qui sort du cadre conceptuel de Francine Descarries : la femme sentinelle. Contrairement aux archétypes antiféministes « positifs » qui accorde à la femme un rôle uniquement passif, la femme sentinelle est celle qui sous un discours d’émancipation joue un rôle actif et militant dans la perpétuation d’un ordre patriarcal blanc, chrétien et occidental. Cela n’empêche pas en parallèle la promotion des autres archétypes positifs comme la femme mère et la femme faible, mais démontre plutôt que dans le cadre de l’intersectionnalité des haines, la femme doit elle aussi faire partie du combat civilisationnel.
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MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : intersectionnalité des haines, antiféminisme, masculinité, masculinité hégémonique, féminité, extrême droite, analyse des médias