Lanciault, Karl
(2026).
« Lien social et médiation symbolique : l'individu suicidaire entre intégration et différenciation » Mémoire.
Montréal (Québec, Canada), Université du Québec à Montréal, Maîtrise en sociologie.
Fichier(s) associé(s) à ce document :
Résumé
Depuis Durkheim, le phénomène du suicide est un objet classique en sociologie. Le suicide ne connaît pas les classes sociales. Pas plus qu’il ne se limite à un groupe d’âge en particulier. Au cours des trente glorieuses, un nouveau domaine de recherche, issu des sciences cognitives, s’est emparé du suicide comme objet d’études. Prenant naissance dans un contexte sociopolitique particulier, la suicidologie contemporaine modélise de nos jours le suicide comme un geste individuel. En interaction avec son environnement et la société en général, l’étude et les pratiques de prévention du suicide passent par une approche comportementale de l’individu. Les récits d’individus s’étant enlevé la vie ne datent pas d’hier. On en recensait déjà pendant la Grèce antique. Le suicide semble donc inhérent à la condition humaine. Au Québec, depuis une vingtaine d’années, on peut observer que le taux de suicide s’est stabilisé autour d’un peu plus d’un millier de décès par année ; sachant qu’à cette donnée s’ajoutent les quelque trente mille visites aux urgences pour idées suicidaires, la question qui s’impose est la suivante : comment se fait-il que le suicide soit de nos jours perçu comme un geste individuel? Basé sur mon expérience d’intervenant en prévention du suicide sur les lignes d’intervention de crise suicidaire, ce mémoire plonge au cœur de réflexions visant à comprendre les perceptions actuelles à l’égard du suicide. Ancrées dans une approche ontologique, incarnée par une sociologie de l’individu, les interrogations portent sur la consistance de la vie sociale qui rend possible la notion de crise suicidaire. Quel est le rôle des institutions dans notre société contemporaine? Surtout, quel est le mode opératoire et quelles conséquences sur l’individualité contemporaine ont les institutions de nos jours? Quel type d’individus construisons nous à notre époque et comment cela module-t-il les rapports sociaux? Il est question ici d’utiliser cet objet afin de mieux comprendre les tensions sociales qui existent à différents niveaux de réalité sociale et qui rendent possible le phénomène du suicide. Il s’agit de construire une approche qui permette de saisir sociologiquement ces instants où certains individus sont au plus près de se donner la mort.
_____________________________________________________________________________
MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : suicide, individu, individualité contemporaine, lien social, crise suicidaire.