Bégin, Emmanuel
(2026).
« La parole naissante : une étude du phrasé » Mémoire.
Montréal (Québec, Canada), Université du Québec à Montréal, Maîtrise en théâtre.
Fichier(s) associé(s) à ce document :
Résumé
Cette recherche prend pour point de départ une question centrale : comment l’interprète peut-il donner une impression de spontanéité en disant une réplique qu’il n’a pas lui-même formulée? Mon hypothèse est qu’il doit d’abord assimiler le phrasé de la réplique : l’élan musical de la phrase et la manière d’en articuler les différents segments (Académie française, 2024). Ainsi, cette étude du phrasé théâtral propose une méthode destinée aux interprètes, dans laquelle la réplique n’est pas d’emblée analysée afin de construire le jeu, mais plutôt afin d’en déchiffrer d’abord le phrasé objectivement inscrit par l’auteur dans sa construction syntaxique. En effet, la syntaxe et la typographie livrent déjà des indices d’un phrasé contenu en latence dans la réplique, que je nomme le phrasé inscrit. Je le distingue du phrasé interprétatif, qui relève, lui, du jeu de l’acteur. Comment ces deux phrasés dialoguent-ils? Comment le phrasé inscrit informe-t-il et guide-t-il le phrasé interprétatif, lequel, à son tour, vient l’enrichir? J’ai observé que le phrasé inscrit, une fois analysé et assimilé, permet de donner au spectateur cette impression de spontanéité, puisque la parole est phrasée selon les élans mêmes inscrits dans sa construction syntaxique. Ce phrasé inscrit offre en outre une plus grande liberté à l’interprète, car il constitue une base solide et objective sur laquelle celui-ci peut s’appuyer pour ensuite laisser libre cours à son phrasé interprétatif sans risquer de perdre le sens de ce qui est dit ni les justes élans de la parole.
_____________________________________________________________________________
MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : phrasé, oralité, théâtre, réplique