Orientation sexuelle multidimensionnelle et santé mentale globale dans la population canadienne : éclairer les inégalités à partir de la discordance entre l'auto-identification et les comportements sexuels, et du rôle du stress perçu et du soutien social

Leclerc, Andréanne (2026). « Orientation sexuelle multidimensionnelle et santé mentale globale dans la population canadienne : éclairer les inégalités à partir de la discordance entre l'auto-identification et les comportements sexuels, et du rôle du stress perçu et du soutien social » Thèse. Montréal (Québec, Canada), Université du Québec à Montréal, Doctorat en psychologie.

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Résumé

Cette thèse doctorale porte sur les inégalités de santé mentale en fonction de l’orientation sexuelle au sein de la population canadienne, en mettant l’accent sur la pertinence de recourir à une définition plus complète de l’orientation sexuelle et à une mesure globale de la santé mentale. L’orientation sexuelle y est abordée à travers deux dimensions — l’auto-identification et les comportements sexuels — afin de dépasser les approches unidimensionnelles qui tendent à invisibiliser certains sous-groupes. La santé mentale globale est quant à elle mesurée à partir d’un indice unique intégrant simultanément des indicateurs de bien-être (santé mentale perçue, humeur générale, satisfaction de vie) et de détresse psychologique (diagnostics de troubles de l’humeur et d’anxiété, risque suicidaire). Ce choix méthodologique repose sur des analyses factorielles confirmant que ces indicateurs mesurent une seule dimension sous-jacente. Les analyses s’appuient sur des données représentatives de la population canadienne, issues des cycles 2015-2016 et 2019-2020 de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes, regroupant 80 985 répondant.e.s âgé.e.s de 18 ans et plus. Le projet s’articule autour de deux volets complémentaires. Le premier volet analyse si le fait de considérer simultanément l’auto-identification et les comportements sexuels permet de mieux comprendre les écarts de santé mentale que les approches reposant sur une seule dimension. Ce volet évalue aussi la contribution du modèle on-/off-script, qui catégorise les individus selon la concordance ou la discordance entre leur orientation sexuelle auto-identifiée et leurs comportements sexuels. Le second volet explore dans quelle mesure le stress perçu, le soutien social et leur interaction contribuent à expliquer ces écarts de santé mentale, en examinant séparément les résultats pour les hommes et pour les femmes. Les résultats montrent que le fait de combiner l’auto-identification et les comportements sexuels révèle des disparités de santé mentale autrement invisibles dans les approches unidimensionnelles. Par exemple, les personnes s’identifiant comme hétérosexuelles mais ayant eu des partenaires du même sexe présentent des niveaux de santé mentale supérieurs à ceux observés chez les groupes traditionnellement étudiés (hétérosexuels on-script). Toutefois, l’application stricte du modèle on-/off-script ne permet pas d’améliorer significativement la prédiction de la santé mentale par rapport à un simple modèle additif des deux dimensions, suggérant que les effets observés tiennent davantage à la combinaison même des dimensions qu’à leur concordance ou discordance. Dans l’ensemble de la population étudiée, les niveaux les plus faibles de santé mentale globale sont observés chez les personnes s’identifiant comme bisexuelles, suivies de celles n’ayant pas eu de partenaire sexuel au cours de la dernière année. L’examen des facteurs associés montre que ces groupes se caractérisent souvent par un stress perçu élevé et un soutien social plus faible, cette combinaison étant particulièrement prononcée chez les femmes bisexuelles. Chez les hommes ayant eu des partenaires du même sexe, c’est surtout la faiblesse du soutien social qui ressort. Les analyses de médiation indiquent que le stress perçu et le soutien social expliquent ensemble entre 3,4% et 38,3% des disparités observées, selon le groupe. L’effet de leur interaction reste modeste, mais est statistiquement significatif dans le groupe des répondant.e.s n’ayant pas eu de relations sexuelles dans les 12 derniers mois. Ces constats mettent en lumière la nécessité de prendre en compte simultanément plusieurs dimensions de l’orientation sexuelle afin de mieux cerner les réalités vécues par les minorités sexuelles, et de développer des interventions ciblées pour les sous-groupes les plus vulnérables. Ils soulignent également l’intérêt d’une mesure globale de la santé mentale qui intègre à la fois des indicateurs de bien-être et de détresse psychologique, offrant ainsi un portrait plus complet et nuancé de l’état mental des individus. Enfin, ils confirment que le soutien social et le stress perçu constituent des leviers d’action prioritaires pour réduire les écarts de santé mentale, notamment chez les personnes bisexuelles et celles n’ayant pas eu de relations sexuelles avec partenaire au cours des 12 derniers mois. En affinant les mesures d’orientation sexuelle et de santé mentale, et en identifiant des facteurs clés déterminant les inégalités de santé mentale, cette thèse fournit des données probantes et des outils utiles à la recherche, à la pratique clinique et aux politiques publiques. Elle encourage l’usage de mesures d’orientation sexuelle combinant auto-identification et comportements sexuels ainsi que d’indices globaux de santé mentale dans les enquêtes populationnelles. Les résultats invitent les intervenant.e.s à tenir compte des profils spécifiques de stress et de soutien social propres à chaque groupe, particulièrement chez les personnes s’identifiant comme bisexuelles et celles n’ayant pas eu de relations sexuelles avec partenaire au cours de la dernière année. Ils incitent aussi à développer des programmes ciblés de promotion de la santé mentale et de réduction des inégalités, axés sur le renforcement du soutien social et la diminution des sources de stress liées à la stigmatisation. _____________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : orientation sexuelle, santé mentale, inégalités en santé, stress perçu, soutien social

Type: Thèse ou essai doctoral accepté
Informations complémentaires: Fichier numérique reçu en format PDF.
Directeur de thèse: Beaulieu-Prévost, Dominic
Mots-clés ou Sujets: Santé mentale / Orientation sexuelle / Inégalité sociale / Minorités sexuelles / Canada
Unité d'appartenance: Faculté des sciences humaines > Département de psychologie
Déposé par: Service des bibliothèques
Date de dépôt: 18 juin 2026 13:24
Dernière modification: 18 juin 2026 13:24
Adresse URL : https://archipel.uqam.ca/secure/id/eprint/20126

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