Hamza, Ingy
(2026).
« La complémentarité Spec-tête relativisée : une approche cartographique dérivationnelle de la flexion verbale en arabe standard » Thèse.
Montréal (Québec), Université du Québec à Montréal, Doctorat en linguistique.
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Résumé
L’accord discontinu (distribué sur des positions préfixale et suffixale), comme il est observé dans les langues sémitiques, offre une perspective unique sur les composantes de la grammaire liées à la flexion contextuelle, c’est-à-dire à l’accord. Les analyses de la présence simultanée d’accords préfixaux et suffixaux peuvent être divisées en deux types d’approches : post-syntaxiques (morphologiques) et syntaxiques. Dans les approches morphologiques, une opération de fission, soit dans le cadre de la réalisation, comme dans Noyer (1992), soit comme une opération distincte précédant la réalisation, comme dans Hewett (2023), fournit deux lieux pour l’exposant d’un faisceau de traits structuré de manière hiérarchique. Dans les approches syntaxiques antérieures, les traits flexionnels sont hiérarchiquement ordonnés dans une structure syntaxique fine et sont ordonnés linéairement par mouvement de tête et spelled out sous forme de têtes, comme dans Shlonsky (1989), ou ordonnés linéairement par déplacement de XP et spelled out sous forme de spans, comme dans Blix (2018). La présente thèse développe une approche syntaxique qui adopte une variante du point de vue de la morphologie comme faisant partie de la syntaxe de Collins et Kayne (2023), lesquels adhèrent à l’hypothèse cartographique One Feature One Head, où chaque trait est projeté dans une tête syntaxique indépendante. Ces auteurs soutiennent également un mécanisme traditionnel de réalisation d’une tête à la fois, ce qui permet, d’une part, des morphèmes zéro et, d’autre part, de l’allomorphie contextuelle, combinée à une approche variationnelle de l’ordre linéaire basée uniquement sur le mouvement XP. Ainsi, nous proposons une séquence fonctionnelle qui raffine la décomposition syntaxique de l’accord de Shlonsky (1989) en décomposant davantage les catégories de nombre et de personne (voir également Harbour, 2008; Harley et Ritter, 2002; Starke, 2014, entre autres), lesquelles vont comme suit : FiniteP > RécepteurP > ParticipantP > AugmentéP > FémP > Non-atomiqueP > CompteP > TP > AspectP > VoixP > vP > √P. À partir de cette structure hiérarchique sous-jacente, les différents ordres de morphèmes sont dérivés syntaxiquement dans les limites de la théorie proposée par Cinque (2005), c’est-à-dire dans une syntaxe antisymétrique (Kayne, 1994) avec un mouvement exclusivement phrastique du radical verbal (avec, éventuellement, pied-piping). Tandis que nos postulats concernant les divers exposants des têtes syntaxiques, d’une part, et des différentes étapes de mouvement, d’autre part, sont en partie une question de stipulations adaptées à la structure des données (qui est à son tour une interprétation des observations empiriques pertinentes), c’est-à-dire les formes, nous développons une théorie qui lie les différentes étapes de mouvement aux propriétés structurelles des traits morphosyntaxiques (binaire vs privatif). Notre théorie intègre une variante de la proposition d’activation de projection de Koopman (2000), de sorte que chaque tête possède à la fois deux exigences d’activation découlant du extended projection principle (EPP) et de lexicalisation (lex), ce qui nécessite la réalisation du Spécificateur et de la tête, respectivement. Nous proposons qu’un trait privatif dans une tête exige que la tête et le Spécificateur soient tous deux lexicalisés dans une même dérivation. En revanche, dans les traits binaires, EPP et lex sont répartis respectivement sur la valeur négative et la valeur positive. Ainsi, notre analyse des formes verbales de l’arabe standard sert d’illustration à une théorie morphosyntaxique qui dérive une version flexible du doubly filled comp (DFC) généralisé en mettant en rapport étroit la nature des traits, la réalisation des têtes et (en principe) tout mouvement syntaxique.
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MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : morphologie, accord, arabe standard, OFOH, traits binaires, traits privatifs, marquage, complémentarité, Spec-tête, filtre DFC