Plante-Gonthier, Philippe
(2024).
« Montage et déconstruction chez Jacques Derrida : lire (enfin) Glas » Mémoire.
Montréal (Québec), Université du Québec à Montréal, Maîtrise en études littéraires.
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Résumé
Ce mémoire vise à expliciter le rôle du montage dans le projet déconstructif que mène Jacques Derrida dans Glas (1974). J’y soutiens que l’emploi du montage permet de déconstruire les textes de Hegel et de Genet. Dans le premier chapitre, j’explicite le lien qui unit la déconstruction derridienne et le montage en confrontant ces deux termes. Je montre que le déploiement de la déconstruction présuppose toujours un certain emploi du montage, que ce lien est implicite dans les premiers textes de Derrida et que l’on peut considérer Glas comme la conséquence logique et pratique de ses thèses sur le langage. Depuis ses tout premiers écrits et dans Glas de façon exemplaire, Derrida est un théoricien et un praticien du montage : il pense et utilise ce procédé pour lire et commenter, pour déconstruire les grands textes de la tradition occidentale. Dans le deuxième chapitre, je montre que Derrida utilise le montage pour déconstruire Hegel. J’explique que « déconstruire Hegel » implique avant tout de lire très rigoureusement, d’interpréter, de présenter, de reproduire le plus fidèlement possible son système philosophique. Cette lecture derridienne s’organise autour du concept d’Aufhebung, qui permet d’inscrire dans le système dialectique de Hegel la négation même de ce système. Derrida, reconnaissant l’impossibilité de réfuter directement la dialectique, se propose de la mettre en place, en oeuvre, en marche, et de la déplacer ; il la fait parler jusqu’à ce qu’elle se révèle différente d’elle-même, contradictoire, défaillante. Je montre que le montage est crucial dans cette mise en marche et ce déplacement de la dialectique. Dans le troisième chapitre je montre que Derrida utilise le montage pour déconstruire Genet. Cette « déconstruction de Genet » consiste à dégager la part indécidable de l’oeuvre genetienne sans l’expliquer, sans figer son sens dans une interprétation totalisante qui supprimerait cette indécidabilité. Pour préserver ces caractéristiques et pour les donner à percevoir, pour reproduire à l’identique les textes de Genet, Derrida se propose paradoxalement de la transformer, de la morceler et de la réagencer de telle sorte que les mouvements qui l’animent et les effets qu’elle produit demeurent intacts. Je montre que le montage est essentiel à cette transformation qui préserve, à cette reproduction de l’oeuvre genetienne.
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MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : Jacques Derrida, Glas, déconstruction, montage
| Type: |
Mémoire accepté
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| Informations complémentaires: |
Fichier numérique reçu et enrichi en format PDF/A. |
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Directeur de thèse: |
Hamel, Jean-François |
| Mots-clés ou Sujets: |
Jacques Derrida / Glas / Déconstruction / Montage littéraire |
| Unité d'appartenance: |
Faculté des arts > Département d'études littéraires |
| Déposé par: |
Service des bibliothèques
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| Date de dépôt: |
02 févr. 2026 12:46 |
| Dernière modification: |
02 févr. 2026 12:46 |
| Adresse URL : |
http://archipel.uqam.ca/id/eprint/19583 |