Attoh, Marvele Lydia-Marie
(2026).
« La protection à visage humain des enfants surnommés << microbes >> en Côte d’Ivoire » Mémoire.
Montréal (Québec), Université du Québec à Montréal, Maîtrise en droit.
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Résumé
Le phénomène des enfants dits « microbes » en Côte d’Ivoire, apparu dans le sillage de la crise post-électorale de 2010-2011, a suscité de la part du gouvernement ivoirien des réponses qui s’inscrivaient majoritairement dans une logique de criminalisation des enfants, plutôt que de protection. L’analyse juridique fondée sur les droits de l’enfant tels que consacrés par la Convention relative aux droits de l’enfant, révèle que le non-respect des obligations de l’État en matière de droits économiques, sociaux et culturel a contribué à l’entrée dans la délinquance et à la marginalisation de ces enfants. Se situant dès lors à la croisée des chemins de victimes et délinquants, le traitement judiciaire qui a été conféré à ces enfants demeure contraire aux normes internationales de justice juvénile, mettant en évidence les limites d’une réponse strictement judiciaire face à un phénomène aussi complexe. L’étude démontre ainsi la nécessité d’une approche basée sur les droits de l’enfant, qui, en conjuguant prévention et participation, ne se limite pas à s’attaquer aux causes profondes de la délinquance juvénile, mais reconnait à l’enfant sa capacité d’acteur en tant que sujet de droit pour répondre durablement à un phénomène de ce type. Une réponse globale alliant justice réparatrice et autonomisation s’impose pour garantir une justice conforme à l’intérêt supérieur de l’enfant et aux standards internationaux des droits humains.
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MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : Enfants dits « microbes », Côte d’Ivoire, Délinquance juvénile, Droits de l’enfant, Justice juvénile, Justice réparatrice, Approche basée sur les droits de l’enfant, Responsabilisation –Autonomisation