Vincent, Cynthia
(2025).
« Les effets des groupes de rédaction scientifique structurés sur la santé mentale des doctorant·es » Thèse.
Montréal (Québec), Université du Québec à Montréal, Doctorat en éducation.
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Résumé
Ces dernières années, les recherches portant sur le contexte doctoral ont mis en lumière une problématique de taille, à savoir la prévalence élevée des enjeux de santé mentale chez les doctorant·es. Selon diverses enquêtes, environ la moitié des doctorant·es présentent de multiples manifestations de détresse psychologique, ainsi que des scores d’anxiété et de dépression significativement plus élevés que ceux des étudiant·es des cycles précédents et des travailleurs d’âge comparable issus de la population générale. Ces problèmes de santé mentale s’expliqueraient par les conditions souvent difficiles dans lesquelles les doctorant·es rédigent leur thèse, soit souvent seul·es et sans soutien. Au regard de cette problématique, la présente thèse explore des interventions prometteuses pour favoriser la santé mentale des doctorant·es, en se concentrant sur deux types de groupes de rédaction scientifique structurés : les groupes de productivité et les groupes de critique. Le groupe de productivité retenu dans l’étude est celui des retraites de rédaction scientifique structurées qui offrent une communauté scientifique dans un environnement physique propice à l’avancement de la rédaction de thèse, par les stratégies organisationnelles et rédactionnelles éprouvées, ainsi que les activités de ressourcement, mises de l’avant. Ces retraites pourraient ainsi contribuer à améliorer la santé mentale des doctorant·es, une hypothèse centrale examinée dans cette thèse. Les groupes de critique, soit des séminaires de rédaction scientifique axés sur la rétroaction par les pairs en tant que stratégies de collaboration, sont aussi évalués, afin d’en comparer les effets à ceux des retraites de rédaction, pour identifier et comprendre les similarités et les différences de leurs impacts respectifs. Dans un premier temps, un devis de recherche mixte séquentiel explicatif, incluant un protocole expérimental, a été mené. Un échantillon composé de 100 doctorant·es provenant de diverses universités et de domaines de recherche variés a été obtenu. Les participant·es ont été invité·es à s’inscrire à une retraite de rédaction Thèsez-vous. Dès lors, une attribution au hasard a été réalisée pour assigner les participant·es de manière aléatoire à un groupe expérimental (n = 50) ou à un groupe contrôle en attente (n = 50). Pour comparer l’évolution de la santé mentale au doctorat des participant·es, des questionnaires incluant des échelles validées et des questions ouvertes évaluant la détresse psychologique, le bien-être émotionnel, le bien-être psychologique et le bien-être social ont été administrés deux semaines avant, puis tout de suite après la retraite de rédaction. Deux semaines plus tard, le groupe contrôle en attente a ensuite aussi pris part à une retraite et a complété un post-test d’intervention. Pour mesurer le bien-être social au doctorat, une échelle a été développée et validée dans le cadre de cette thèse pour mesurer le sentiment de communauté scientifique des doctorant·es, soit leur perception d’appartenir à la communauté scientifique, de l’influencer et de bénéficier de son soutien. Ce premier article, publié dans la revue Mesure et Évaluation en Éducation, est inclus dans le chapitre méthodologique de la thèse. Pour vérifier si la santé mentale avait évolué différemment en fonction des groupes, des analyses de variance (ANOVA) à mesures répétées ont été menées sur les données quantitatives. Puis, une analyse thématique a été réalisée avec le corpus de réponses aux questions ouvertes afin de mieux comprendre les perceptions des participant·es à l’égard de chaque aspect de la retraite et de ses effets sur leur santé mentale au doctorat. Les résultats ont révélé que la participation à une retraite de rédaction a significativement réduit la détresse psychologique des doctorant·es et amélioré leur bien-être émotionnel, psychologique et social. Parmi les multiples aspects de la retraite de rédaction évalués, seules la productivité perçue et les opportunités de socialisation/réseautage ont agi comme des prédicteurs de toutes les mesures de santé mentale des doctorant·es, des constats que l’analyse thématique a aussi fait ressortir. Ce travail a été présenté dans un deuxième article de thèse, publié dans la revue International Journal of Environmental Research and Public Health et inséré dans le chapitre de résultat. Dans un second temps, un protocole quasi-expérimental a été réalisé auprès d’un échantillon composé de doctorant·es participant aux séminaires de rédaction scientifique de l’Université du Luxembourg (n = 20), afin de comparer les effets des retraites de rédaction à ceux de ces séminaires sur la santé mentale des doctorant·es. Comme pour la procédure précédente, les mêmes échelles et questions qualitatives ont été utilisées et un devis incluant les mêmes temps de mesure a été adopté. Pour répondre à l’objectif ciblé, une ANOVA à mesures répétées comparant les trois groupes et les deux temps de mesure a été menée, et des analyses qualitatives visant à dégager les thèmes liés à l’impact perçu du séminaire sur le bien-être doctoral ont été conduites. Les résultats ont révélé que les retraites de rédaction sont efficaces pour améliorer à la fois la santé psychologique et le sentiment de communauté scientifique, alors que les séminaires n’amélioreraient que le sentiment de communauté scientifique. Néanmoins, selon les participant·es, les différents aspects pédagogiques des deux dispositifs ont tous été favorables au bienêtre. Cette étude a fait l’objet du troisième et dernier article de thèse, publié dans la Revue internationale de Pédagogie en Enseignement Supérieur et placé, lui aussi, dans le chapitre de résultats. À l’issue de cette thèse par articles, la discussion met en lumière sa contribution à l’avancement des connaissances sur la santé mentale doctorale et propose des pistes d’actions universitaires pour favoriser le bien-être des doctorant·es. Finalement, la conclusion expose les limites et les forces de la présente thèse.
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MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : santé mentale au doctorat, groupes de rédaction scientifique, bien-être au doctorat, productivité rédactionnelle, sentiment de communauté scientifique
| Type: |
Thèse ou essai doctoral accepté
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| Informations complémentaires: |
Fichier numérique reçu et enrichi en format PDF/A. |
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Directeur de thèse: |
Plante, Isabelle |
| Mots-clés ou Sujets: |
Doctorat / Rédaction scientifique / Groupes de rédaction / Thèses et écrits académiques / Santé mentale / Doctorantes / Doctorants |
| Unité d'appartenance: |
Faculté des sciences de l'éducation > Département de didactique |
| Déposé par: |
Service des bibliothèques
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| Date de dépôt: |
08 déc. 2025 14:13 |
| Dernière modification: |
08 déc. 2025 14:15 |
| Adresse URL : |
http://archipel.uqam.ca/id/eprint/19383 |