Fortin, Alice
(2025).
« Les dynamiques de stigmatisation des personnes ayant des troubles mentaux en contexte d'urgence : les attitudes du personnel infirmier d'un service hospitalier d'urgence à Montréal » Mémoire.
Montréal (Québec, Canada), Université du Québec à Montréal, Maîtrise en science, technologie et société.
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Résumé
Contexte : Cette recherche explore la stigmatisation des patients ayant un trouble mental par le personnel infirmier en service d'urgence à l’hôpital du Sacré-Coeur-de-Montréal. Trois hypothèses principales ont été examinées : (1) le contact intergroupe dans le contexte d’un service d’urgence hospitalière augmenterait les attitudes négatives et donc la stigmatisation des patients psychiatriques ; (2) la durée de l’expérience professionnelle à l’urgence augmenterait les risques de stigmatisation ; (3) un manque de formation spécialisée en santé mentale contribuerait à des attitudes stigmatisantes. Cette recherche vise à éclairer comment des facteurs contextuels, temporels et de formation influencent la stigmatisation des patients psychiatriques en milieu d’urgence, de manière à proposer des pistes pour atténuer ces attitudes problématiques. Méthode utilisée : Nous avons réalisé des entretiens semi-structurés à questions ouvertes, d’une durée approximative de 90 à 120 minutes chacun, avec cinq (n=5) infirmiers. Les participants étaient des membres du personnel infirmier du département d’urgence de l’hôpital du Sacré-Coeur-de-Montréal et avaient occupé un poste d’infirmier à l’urgence depuis plus d’un an. Résultats : (1) Les résultats suggèrent que les interactions intergroupes en contexte d’urgence hospitalières sont caractérisées par des expériences négatives qui renforcent les préjugés persistants, faisant en quelque sorte de l’urgence une exception à la théorie du contact intergroupe. (2) L’expérience professionnelle, bien qu'elle puisse améliorer la capacité à gérer certaines situations, peut contribuer également à l’augmentation de la stigmatisation, particulièrement en raison de la fatigue compassionnelle et du stress liés à la pratique. (3) Le manque de formation spécifique contribue à la stigmatisation, en laissant les infirmiers mal préparés à gérer des situations complexes. Bien que l’expérience pratique atténue en partie ce déficit, un fossé persiste entre la théorie et la pratique, ce qui peut générer un sentiment d’impuissance chez les infirmiers et les amener à adopter des stratégies de repli ou des généralisations inconscientes renforçant les préjugés. Conclusion : Cette étude exploratoire, menée au service d’urgence de l’hôpital du Sacré-Coeur-de-Montréal, met en lumière la complexité des relations entre le personnel infirmier et les patients psychiatriques, en confirmant partiellement que les interactions intergroupes vécues dans le contexte de l’urgence, l’ancienneté des soignants à l’urgence et le manque de formation spécialisée en santé mentale influencent la stigmatisation.
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MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : stigmatisation - trouble mental - soins infirmiers - service d’urgence - éclipsage diagnostique
| Type: |
Mémoire accepté
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| Informations complémentaires: |
Fichier numérique reçu et enrichi en format PDF/A. |
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Directeur de thèse: |
Prud'homme, Julien |
| Mots-clés ou Sujets: |
Personnes vivant avec un trouble de santé mentale / Stigmatisation / Soins infirmiers / Personnel infirmier / Attitudes / Services des urgences / Hôpitaux / Montréal (Québec) |
| Unité d'appartenance: |
Faculté des sciences humaines |
| Déposé par: |
Service des bibliothèques
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| Date de dépôt: |
18 nov. 2025 14:06 |
| Dernière modification: |
18 nov. 2025 14:06 |
| Adresse URL : |
https://archipel.uqam.ca/secure/id/eprint/19258 |