Renaud, Mil (dit Mil feux)
(2025).
« Montages indisciplinés – projections transmédiatiques et explositions pirates » Thèse.
Montréal (Québec, Canada), Université du Québec à Montréal, Doctorat en études et pratiques des arts.
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Résumé
Composée d’images pirates, d’amours-amitiés, de souvenirs biomythographiés, de relations sensoréelles utopiques, de rituels écraniques et scripturaux, de poèmes constellés et de réflexions théoriques, cette thèse indisciplinée se monte comme une étagère polyvisuelle, à mil mains qui s’entraident. Elle donne à traverser la multiplicité de récits collectifs projetés spatialement sur différents supports : du papier au ciel, de la table à l’écran, du verre à l’idée… Cette recherche-création – qui s’intéresse à l’acte de création en tant qu’acte de résistance plutôt qu’à l’art – représente une occasion inédite de témoigner de la projection transmédiatique comme cheminement de pratique-pensée à la portée de toustes. Cette approche, collective et monstrueuse (crip-queer), se fait don et se laisse volontiers pirater. Dissidente de par les vies et les expériences qu’elle réunit, cette thèse réfléchit sa propre low theory, soit l’improductivité, les échecs, l’infraperceptibilité des personnes ou des phénomènes qui l’ont inspirée. Cette recherche s’inscrit dans le champ des études médiatiques, en partant de questionnements entre la pratique, certains médias et la vie. La notion d’acéphalité explicite la construction du projet et l’intérêt porté à l’écriture selon un « nous » cocréateur. Cette « dévisagéification » s’explose translittérairement dans le projet, à partir de rencontres et à travers un montage de citations, de poèmes, de manifestes, de fragments biomythographiques, de concepts, d’images, de néologismes, de références. Cet ouvrage s’intéresse aux supports écraniques, centraux dans notre pratique, et à la coexistence avec eux en tant que tout ce qui est cadrable dans le visible. Une analyse transtemporelle des médias et de leurs usages propose de redéfinir ce qu’est l’écran, une observation qui a lieu entre trois périodes charnières : le cinéma des premiers temps, l'ère post-télévisuelle, l'ère post-internet. Quelques dispositifs et concepts choisis, issus des ces trois périodes historiques, sont mis en relation avec nos propres créations qui réfléchissent simultanément la polyvision, la coprésence, les rituels, l’intersidéralité, la projection, la superposition, le fantomatique et la spatialité du montage. Cette thèse déploie une archéologie médiatique jonchée de perceptions marginales, hyperesthésiques, qui aident à comprendre nos rapports actuels aux écrans tout en questionnant leur impact sur l'expérience sensible. Plusieurs idées qui interrogent politiquement la place de l’indiscipline et du refus dans nos vies au quotidien sont ensuite déployées, en tant que des cheminements propices à la création en dehors de l’art, à la vulnérabilité et à des rapports entre des personnes, des savoirs, des objets, des espaces, des risques. L’indiscipline, qui s’éprouve face à des insuffisances multiples, est présentée comme une pratique consciente de piraterie et d’émancipation. Elle s’inscrit dans des espaces traversés par cette recherche : des hétérotopies, des non-lieux et des zones autonomes temporaires, mais aussi l’espace du corps. Cette partie se poursuit donc par une exploration des mutations du corps hors des normes, via les théories crip-queer. Le corps y est vécu et perçu comme un lieu de tension, de subversion et d’utopie qui implique une transgressivité de genre, une recherche de la monstruosité. Finalement, cette thèse s’intéresse aux utopies collectives, qui naissent d’une volonté profonde de redéfinir l'ici et le maintenant. Elles partent d’imaginaires queer et crip inappropriables qui repensent la communauté à travers l’entraide et la convivialité. Cette démarche prend comme point de départ un partage d'expériences de marginalisation, de rejet et d’exclusion, qui amènent à repenser les violences et les discriminations sur tout ce qui est « trop » intense, ce qui déserte et qui désobéit. Ce montage invite à vivre des réalisations intérieures autant qu’extérieures, des liaisons non binaires, ainsi que nos propres fictions collectives, anormales et minoritaires.
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MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : montage, projection, indiscipline, pratiques pirates, poésie, collectif, transmédialité, écrans, polyvision, image, monstruosité, acte de création/acte de résistance, transitivité, acéphalité, anonymat, crip-queer, autisme, intensité, hyperesthésie, infraperceptibilité, utopie, fiction vécue, cinéma élargi, zones autonomes temporaires.
| Type: |
Thèse ou essai doctoral accepté
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| Informations complémentaires: |
Fichier numérique reçu et enrichi en format PDF/A. |
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Directeur de thèse: |
Villeneuve, Johanne |
| Mots-clés ou Sujets: |
Création (Arts) / Montage / Transmédia / Écrans de projection dans l'art / Mémoires et thèses de création |
| Unité d'appartenance: |
Faculté des arts > Département d'études et pratique des arts |
| Déposé par: |
Service des bibliothèques
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| Date de dépôt: |
31 juill. 2025 12:55 |
| Dernière modification: |
31 juill. 2025 12:55 |
| Adresse URL : |
https://archipel.uqam.ca/secure/id/eprint/18956 |