Sauvageau, Julie
(2025).
« Le soi redouté dans le trouble obsessionnel-compulsif » Thèse.
Montréal (Québec), Université du Québec à Montréal, Doctorat en psychologie (Essai doctoral).
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Résumé
Dans les dernières années, un intérêt grandissant a été accordé au rôle du soi redoué dans le trouble obsessionnel-compulsif (TOC). Cependant, les études expérimentales dans une population clinique concernant le soi redouté et les symptômes obsessionnels compulsifs sont encore rares. Pour clarifier la nature du rôle du soi redouté dans l’émergence et le maintien des symptômes obsessionnels compulsifs, cet essai a pour but d’étudier le lien entre l’apparition des symptômes obsessionnels compulsifs et l’amorçage du soi redouté de manière spécifique à chaque individu souffrant d’un TOC. Le premier chapitre consiste en une revue de la littérature scientifique sur le TOC. Précisément, les caractéristiques principales du trouble, ainsi qu’un résumé des modèles explicatifs cognitifs et comportementaux les plus pertinents sont présentés. Puis, le concept de soi redouté et les concepts apparentés qui impliquent une vulnérabilité identitaire ou du concept de soi dans le TOC sont décrits. Une emphase a été portée sur le soi redouté en faisant référence au cadre théorique de l’approche basée sur les inférences puisque c’est ce concept qui a été utilisé dans le cadre de l’étude expérimentale. Pour finir ce premier chapitre, la problématique abordée dans cet essai, les objectifs spécifiques et les hypothèses de recherche sont détaillés. Le deuxième chapitre consiste en la présentation de l’article scientifique découlant du projet de recherche et exposant les principaux résultats de l’étude. Il s’agit d’une étude expérimentale utilisant un devis mixte 2 (groupes) X 3 (temps). La tâche expérimentale élaborée dans le cadre de cette étude vise à induire le sentiment d’être réellement un attribut relatif à son propre soi redouté et ce, de manière spécifique à chaque participant. Tandis que la tâche neutre vise à induire le sentiment d’être incompétent dans les sports. L’étude inclus 16 participants avec un diagnostic de trouble obsessionnel-compulsif. Ces derniers ont été distribués aléatoirement dans les deux groupes (AB et BA) contrebalancés selon l’ordre de passation de la tâche expérimentale (A) et la tâche contrôle (B). Les trois mesures principales, c’est-à-dire la force des pensées obsessionnelles, l’envie de faire les compulsions et le niveau de détresse ont été recueillies à trois temps de mesure. Les résultats de l’étude démontrent que l’amorçage des perceptions du soi redouté spécifique à chaque individu augmente significativement la force des pensées obsessionnelles et l’envie de faire les compulsions. Cependant, un effet limité a été observé sur le niveau de détresse, qui était marginalement significatif. En contraste, la tâche contrôle, donc l’exposition à une perception de soi-même négative concernant une thématique non-obsessionnelle (sports) n’a eu aucun effet sur la symptomatologie tel qu’anticipé dans les hypothèses. Ces résultats supportent donc un lien causal entre les perceptions du soi redouté et la symptomatologie obsessionnelle compulsive. Finalement, dans le troisième chapitre, les résultats de l’étude sont explorés plus en profondeur en établissement des parallèles avec la littérature scientifique existante et en suggérant des pistes d’interprétation des résultats. Ensuite, les limitations et les forces de l’étude sont discutées. Puis, les implications théoriques de cet essai en lien avec le modèle explicatif du trouble obsessionnel-compulsif et l’inclusion potentielle du concept de soi redouté dans ce modèle sont abordées. Dans le même ordre d’idées, des pistes de recherches futures sont suggérées concernant l’étude du soi redouté en rapport aux facteurs de développement du trouble obsessionnel-compulsif et de son étiologie. Puis, les perspectives de recherche concernant l’implication du soi redouté dans d’autres troubles apparentés, tel que les troubles des conduites alimentaires et la peur d’une dysmorphophobie corporelle sont explorées. Par la suite, les répercussions cliniques découlant de cet essai sont présentées en proposant des stratégies spécifiques d’application dans un contexte clinique. En somme, cet essai supporte le rôle central du soi redouté dans la genèse des symptômes obsessionnels compulsifs et soutient son inclusion dans le modèle explicatif du trouble obsessionnel-compulsif cognitif et comportemental tel que proposé notamment par l’approche basée sur les inférences.
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MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : trouble obsessionnel-compulsif, approche basée sur les inférences, devis expérimental, soi redouté